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Saint-Martin : violences, délinquance, immigration… « un territoire fragile »

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Les critiques sur l’incurie supposée de l’Etat face au climat d’insécurité à Saint-Martin se sont multipliées sur les réseaux sociaux après le passage de l’ouragan Irma, mercredi 6 septembre. Selon Le Monde, l’extrême droite, notamment, a violemment attaqué le gouvernement à ce sujet.

« Regardez du côté hollandais, il n’y a pas d’émeutes, de pillages, les mesures anticipatrices ont été prises», a affirmé en écho le député Front national du Gard, Gilbert Collard, sur BFM TV dimanche.

En réalité, le problème des inégalités et de l’insécurité à Saint-Martin n’est pas un problème nouveau : «On est, à Saint-Martin, dans un territoire isolé, peu administré parce que les services administratifs d’Etat sont à renforcer», expliquait la ministre des outre-mer, Annick Girardin, lundi 11 septembre sur l’antenne de France Inter.

«Saint-Martin, c’est un territoire où il y avait énormément de violences, où il y avait beaucoup, déjà, de délinquance. Saint-Martin avait des difficultés économiques, on avait déjà un territoire (…) fragile. » […]

« Saint-Martin apparaît comme un territoire hors norme avec 124 vols avec armes pour 35 000 habitants (soit 3,5 pour 1 000). A titre de comparaison, dans aucun département de métropole l’intensité des vols avec armes ne dépasse 0,6 fait pour 1 000 habitants », note le ministère.

Le niveau de vie est sous le coup d’une précarité marquée : en 2012, six habitants sur dix étaient allocataires d’une prestation de la Caisse d’allocations familiales (CAF) . Parmi ces allocations, le revenu de solidarité active (RSA) permet à 21 % de la population de survivre. A titre de comparaison, ce taux est de 7 % en Ile-de-France, une des régions qui concentrent le plus de précarité en France. Autres indicateurs inquiétants : ils ne sont que 40 % des ménages à avoir l’eau chaude chez eux et près de 30 % des logements sont en situation de surpeuplement.

Quant au niveau d’activité, seule la moitié des adultes déclare occuper un emploi (contre 64 % en métropole) ; chez les moins de 24 ans, cette proportion tombe à 19 %. Un tiers de 15-24 ans n’est ni en emploi ni en formation. Pas étonnant dans ces conditions que la population saint-martinoise diminue depuis la fin des années 2000, en raison notamment des départs des natifs de Saint-Martin.

Pour ceux qui arrivent dans l’île, l’intégration reste problématique. Du fait des arrivées massives des années 1980, répondant au besoin de main-d’œuvre (boom immobilier touristique lié aux lois successives de défiscalisation), la proportion d’immigrés atteint plus de 50 % chez les 40-59 ans.

De manière générale, note l’Insee, les « étrangers » sont surreprésentés dans toutes les classes d’âges entre 30 et 74 ans. Dans l’ensemble, un tiers de la population saint-martinoise est immigrée, contre 4 % en Guadeloupe et 9 % en métropole. […]

Le Monde

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