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«Pour intégrer les migrants, misons sur ce qui nous est commun»

09/09

Le Français Mathieu Lefèvre et le Britannique Brendan Cox, époux de la députée de gauche Jo Cox, assassinée en 2016, lancent une organisation pour promouvoir des valeurs qui faciliteraient l’intégration de réfugiés.

La réticence de nos démocraties – voire leur franche hostilité – à offrir leur hospitalité aux réfugiés suscite le désarroi de tous ceux qui voient dans les mouvements migratoires l’un des défis majeurs de notre temps.

Que la majorité des gouvernements occidentaux ait opté pour une politique d’accueil restrictive est un fait. Pour autant, cette réticence n’est pas uniquement imputable à un manque de volonté politique. Pour s’en convaincre, il suffit de constater que rien ne semble parvenir à infléchir l’opinion publique en faveur d’une plus grande ouverture. L’argument économique ?

Les études ont beau prouver que l’accueil des migrants est bon pour la croissance, elles ne font pas le poids face à la croyance toujours plus ancrée que l’immigration et le chômage de masse sont les deux faces d’une même pièce.

L’argument éthique ? Affirmer que la solidarité envers les réfugiés est le devoir des démocraties et de la patrie des droits de l’homme en particulier, c’est se retrouver rapidement accusé de vouloir exercer un magistère moral. De fait, passé l’émotion légitime suscitée par les photos publiées dans la presse, les mobilisations de la société civile ou des médias prescripteurs ne convainquent que les convaincus.

Cet échec, car c’en est un, nous incite à poser la question autrement. Tout porte à croire que le débat n’est pas tant sur le degré d’ouverture ou de fermeture des politiques d’accueil que sur leur légitimité. L’opinion publique ne se demande pas quelle politique d’accueil mener, mais au nom de quoi une politique d’accueil serait menée. Elle déplace le débat sur le terrain de l’identité. Comment pourrions-nous accueillir des réfugiés, se demande-t-elle en substance, alors que nous ne sommes même pas certains de savoir qui nous sommes, et si nous pouvons encore vivre ensemble ? […]

Le Monde

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