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61% des Français sont toujours opposés à l’accueil des migrants sur le territoire

11/08

Selon un sondage IFOP pour Atlantico.fr, Un très large majorité de français, 61% sont opposés à l’accueil des migrants dans le pays. Un sujet qui est devenu l’un des plus grands déterminant entre droite et gauche. Analyse de Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique à l’Ifop et de Guy Chevrier, docteur en histoire et enseignant. .

Deux tiers des sympathisants de la France Insoumise et du PS sont ainsi favorables à l’accueil quand 96% des proches du Front National y sont opposés. Et près de 80% de l’électorat des Républicains également. L’électorat En Marche de ce point de vu là se situe beaucoup plus proche de l’électorat de gauche classique puisque 57% des marcheurs sont favorables à l’accueil.


(manifestations à Rennes en 2015)

Quels sont les principaux enseignements que l’on peut tirer de ce sondage ?

Jérome Fourquet : L’actualité autour de la question migratoire et très forte. Qu’il s’agisse de ce qu’il se passe dans la région niçoise (avec le procès de l’activiste Herrou), des nouveaux naufrages et drames en méditerranée, ou bien encore des récentes arrivées de migrants en Espagne, c’est un climat extrêmement chargé.

On constate qu’une très large majorité de nos concitoyens, 61%, sont opposés à l’accueil de migrants et à ce que la France prenne sa part du fardeau européen. Ces chiffres sont assez impressionnants au regard du contexte. Le gouvernement a indiqué » qu’il allait prendre des mesures en la matière. Mais c’est également impressionnant d’un point de vue historique. Puisqu’on constate qu’à quelques points prêts, nous sommes quasiment au point bas depuis la mise en place de ce baromètre en avril 2015. Nous sommes retombés au niveau de novembre 2015 ou même de l’été 2016.

Et ces deux dates font suites aux attentats de Charlie Hebdo et de Nice. Or, nous l’avions déjà constaté ensemble, il y a un lien qui s’opère dans l’opinion publique entre le contexte terroriste et la question migratoire. Quand la menace sécuritaire augmente, la propension à l’accueil se rétracte d’autant.

Notre enquête a été faite du 7 au 9 aout, c’est à dire avant la révélation de l’impact de Levallois Perret. Pour autant, même si le front terroriste était relativement calme (malgré l’attaque avortée de la tour Eiffel) nous constatons que le rapport de force dans l’opinion publique est au point le plus faible et comparable à ce que l’on mesurait au moment des piques d’attaque terroristes.

Emmanuel Macron a indiqué que le gouvernement camperait sur une ligne ferme mais juste et on voit bien qu’il y a une très forte pression de l’opinion publique sur cette question.

Guylain Chevrier : On constate une certaine stabilité de l’opposition majoritaire à l’accueil des migrants dans l’opinion. […] Ceci étant, la pression des flux migratoires qui se confirme ces dernières années, avec une augmentation du nombre de demandeurs d’asile en France qui explose, passée de 57.000 en 2011 à 100.000 en 2016, ne laisse pas indifférente l’opinion non plus. Elle a son importance dans cette opposition très majoritaire. Surtout dans un contexte où 67% des migrants sont des hommes, marqueur d’une immigration aux motivations économiques, pour laquelle le devoir d’accueil fonctionne nettement moins bien, d’autant plus en période de chômage de masse. C’est aussi vrai des mineurs isolés étrangers (mineurs non-accompagnés) qui peuvent être pris en charge par les pouvoirs publics, en réalité très majoritairement majeurs à l’examen de leur situation, qui relèvent donc aussi pour une part d’une immigration économique déguisée. Le nombre de sans-papiers explose avec les déboutés du droit d’asile qui restent en France, avec des risques multiples. […]

atlantico

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