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Une Berlinoise tranquille perquisitionnée et condamnée pour avoir relayé une blague sur les migrants

06/06

Une Berlinoise condamnée pour incitation à la haine sur Facebook
La personne de 62 ans a diffusé des messages haineux sur Internet. « J’aime relayer des choses amusantes », a-t-elle dit pour se justifier devant le tribunal.

Les personnes actives sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter devraient toujours réfléchir à ce qu’elles diffusent. C’est ce dont a fait l’expérience mardi une Berlinoise de 62 ans, condamnée par le Tribunal de première instance de Berlin Tiergarten à une amende de 1350 € pour incitation à la haine. Et cette condamnation n’a pas été la seule conséquence de ses activités Internet pour cette vendeuse spécialisée au chômage.
Le 29 août, Jutta B., de Lichtenberg, a relayé l’année dernière un message sur les réfugiés récemment arrivé sur son compte Facebook. Ce message contenait une image de réfugiés et un texte à ce sujet. Comme elle avait (selon elle) un rendez-vous urgent, elle l’a juste survolé brièvement, a pensé que c’était un message amusant et l’a retransmis. Mardi elle a déclaré au tribunal : « J’aime retransmettre des choses amusantes ».
Mais ce que cette femme a trouvé amusant, le ministère public l’a considéré comme un « énoncé de nature à inciter à la haine et à offenser la dignité humaine ». En effet, le texte, écrit sous la forme d’une conversation fictive en questions-réponses, était on ne peut plus explicite : « Question : Avez-vous quelque chose contre les réfugiés ? Réponse : Oui : des pistolets-mitrailleurs et des grenades. » Ce ton de mépris inhumain imprégnait l’ensemble du texte. En peu de temps, plus de 500 autres utilisateurs de Facebook avaient lu – et certains aussi retransmis – le texte, dont une abonnée qui a immédiatement porté plainte contre Jutta B.

Insultes et menaces de mort sur la Toile

Conséquence : le ministère public a entamé une procédure, la police a saisi l’ordinateur de l’accusée lors d’une perquisition de sa maison ; la photo de l’intéressée a émergé sur Internet, d’autres utilisateurs de Facebook l’ont insultée et des groupes antifa lui ont envoyé des menaces de mort. « Tout ça était une erreur, qui s’est retournée contre moi », a déclaré la femme au tribunal.
Elle a insisté pour dire que la diffusion du texte n’avait été qu’une erreur involontaire et stupide, et non la diffusion délibérée de messages haineux. Les déclarations racistes et l’idéologie de droite ne sont « absolument pas mon truc », a-t-elle protesté.
Ni l’avocate générale ni la juge n’ont cru que l’accusée n’avait pas du tout su ce qu’elle diffusait, car selon eux le contenu était très clair. De même, l’argument que cela n’avait rien à voir avec de l’idéologie de droite s’est heurtée à leur scepticisme – peut-être parce qu’on a trouvé entre autres une photo d’Hitler que l’accusée avait précédemment diffusée sur Internet.
Berliner Morgenpost

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