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Règlements de comptes sur fond de trafic de stupéfiants : sanglant printemps à Avignon (84)

Juin
2017

Trois morts en trois mois et des armes qui résonnent dans les cités sensibles sur fond de trafic de drogue.

Le tueur est descendu de sa moto, a tiré une dizaine de balles de gros calibre et a quitté l’épicerie de nuit en laissant deux cadavres derrière lui. Le 25 mai dernier, vers 1 h 30 rue Thiers, entre le Palais des Papes et le palais de justice, le sang a une nouvelle fois coulé à Avignon. Omar Baghdad, 29 ans, et Basus Souhel, 21 ans, sont les dernières victimes d’une guerre larvée qui semble avoir saisi depuis trois ans les cités de la préfecture du Vaucluse.

Le 14 mars dernier, en plein après-midi, une scène similaire s’était jouée à Monclar, un quartier sensible au sud de la ville. Deux voitures qui stoppent brusquement place de la Méditerranée, une rafale de Kalachnikov, et un homme de 27 ans, Reda El Madani, à terre.

“En trois ans, on en est à au moins quatre homicides de ce type et une dizaine de tentatives”, soupire un policier. Le précédent crime, en juin 2014, avait beaucoup agité la ville : Hacen Roag, 23 ans, avait été abattu dans un bar à chicha proche de la rocade. Sa mort avait entraîné une série de soubresauts, avec enlèvements, représailles, morsures de pitbull et tirs d’armes automatiques.

Point commun entre ces crimes : l’usage d’armes de guerre, des victimes jeunes, issues des quartiers populaires d’Avignon, et souvent connectées au trafic de stupéfiants, florissant ici, comme dans tant d’autres villes du littoral méditerranéen. Et certains se demandent si le banditisme ici n’est pas en train de s’inspirer du sanglant exemple offert par Marseille ces dernières années.

“Pour nous, on a dans le Vaucluse, depuis cinq ou six ans, une évolution à la marseillaise, analyse un enquêteur de la PJ. Le banditisme traditionnel a totalement disparu et la délinquance des gens du voyage a à Avignon beaucoup moins de prise que dans le Gard. Aujourd’hui, ce sont les gens des cités qui ont pris la main et qui travaillent comme à Marseille, en réglant les problèmes à coups de Kalachnikov.”

(…)

Midi Libre

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