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Belgique : condamné à 7 ans de prison pour trafic d’êtres humains, un Irakien est libéré après 3 semaines

Mai
2017

La chambre des mises libère le chef de la filière irakienne défendu par l’avocat Olivier Martins.

La chambre des mises en accusation de Bruxelles a remis en liberté, mercredi, Ahmed Abdulridha Jasim Breesam, et l’information a ceci de particulier qu’il s’agit d’un Irakien que le tribunal correctionnel a condamné le mois passé à 7 ans d’emprisonnement. Condamné le 27 avril à 7 ans ferme pour trafic d’êtres humains, l’Irakien est libéré, sans caution, trois semaines après le jugement.

L’information a pu nous être confirmée par son avocat.

(…)

Il y a trois semaines , le 27 avril, le tribunal tenait compte de la « particulière gravité des faits » pour infliger 7 ans à Abdulridha. Pour le tribunal, l’Irakien né à Bagdad le 26 juin 1987 « avait exploité la détresse de compatriotes au mépris total du respect de la personne et de la dignité d’autrui « . S’il n’avait pas écopé de la peine la plus lourde, le parquet l’avait néanmoins classé numéro 1.

Pour le parquet, Ahmed Abdulridha était le numéro 1 d’une organisation criminelle irakienne qui aurait acheminé pendant plusieurs mois un nombre ignoré de réfugiés irakiens auxquels elle faisait payer de 15.000 à 20.000 dollars. L’objectif était de leur faire gagner Londres à bord de l’Eurostar. La filière Abdulridha disposait de logements en région bruxelloise, notamment grâce à un hôtelier du boulevard Lemonnier qui fermait les yeux sur les fiches d’hôtel. La filière prenait les illégaux en charge en Autriche ou à l’aéroport de Düsseldorf. La demande était telle, pendant la crise des migrants, que les tarifs sont tombés à 7.000 puis 5.000 et même 4.000 euros. Pour le transport, Abduridha utilisait un Mercedes Viano immatriculé au nom d’une société d’Anderlecht, la firme Boull et Bill.

Si le jugement du mois passé ne quantifie pas le nombre de réfugiés acheminés, la juge Martine Devos établit que, « bien qu’il conteste toute implication », la culpabilité « est démontrée avec certitude ». Quant à la peine, Abdulridha « ayant exploité la détresse de compatriotes dans un but unique de lucre », le tribunal n’hésite pas à la fixer à 7 ans d’emprisonnement.

Ahmed Abdulridha était condamné en outre à l’amende costaude de 810.000 euros.

810.000 euros dont l’Irakien n’a pas payé le premier cent.

C’était le 27 avril. Et après trois semaines, la justice l’a remis en liberté. Comment ? Pourquoi ?

Abdulridha a interjeté appel.

Et c’est dans l’attente du procès qu’Olivier Martins a introduit une requête de mise en liberté, à laquelle la chambre des mises en accusation a donc donné une suite favorable, sans paiement d’une caution ni d’autres conditions que les conditions habituelles et classiques.

La DH

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