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Le président de l’université de Bordeaux appelle à faire barrage au Front National

Mai
2017

Manuel Tunon de Lara a pris position dans un mail en appelant ses étudiants et collègues à « faire barrage au Front National ». Un appel lancé principalement aux jeunes qui envisagent de ne pas aller voter. « Les présidents [des universités] doivent assumer ce rôle », estime-t-il.

France 3


À : toutlepersonnel@diff.u-bordeaux.fr; etudiants@diff.u-bordeaux.fr

Bordeaux, le 3 mai 2017

Cher(e)s étudiant(e)s,
Cher(e)s collègues,
Cher(e)s ami(e)s,

Convaincu que la liberté de penser est synonyme de progrès et profondément attaché à la liberté d’expression, je me suis toujours interdit d’utiliser ma position de président d’université pour intervenir dans le débat politique, respectueux des idées de chacune et de chacun. Elu de tous, je n’ai jamais revendiqué une quelconque appartenance à un syndicat ou un parti et souhaite conserver cette neutralité.

Ce même attachement à la liberté et au progrès me conduit pourtant aujourd’hui à sortir de ma réserve, considérant qu’au delà des idées politiques et de mes convictions personnelles, il est de mon devoir de président de l’université de Bordeaux d’alerter ma communauté sur les conséquences potentielles du vote de dimanche prochain sur l’enseignement supérieur et la recherche, mais aussi sur le devenir de notre université.

Le programme de Marine Le Pen et les idées du Front National qui le nourrissent ne sont pas compatibles, de mon point de vue, avec les valeurs universitaires que nous avons jusqu’ici défendues, ni avec nos ambitions pour l’Université. Comment défendre l’ouverture dans un pays qui fermerait ses frontières ? Comment prôner le progrès de la science et de l’éducation sous la tutelle de gouvernants qui peuvent nier l’Histoire et mettre en doute les résultats de la recherche ? Quel avenir pour une université française sortie de l’Europe et de ses programmes de recherche et d’éducation…

Ma position n’est pas une position isolée ; elle s’associe à celle défendue par la Conférence des Présidents d’Université qui a appelé à « voter contre l’extrémisme que porte la candidature de Marine Le Pen », à celle des dirigeants des grands organismes de recherche dont les présidents du CNRS, de l’Inserm, de l’INRA et de l’Inria, à l’appel de la Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs, de la Conférence des Grandes Ecoles ou celui des universités de recherche (CURIF) dont nous faisons partie.

Moi-même issu de l’immigration à une période où l’Espagne franquiste et les pays d’Europe ont dramatiquement souffert du populisme nationaliste, des discriminations et de la mise à l’écart des « élites », je ne peux me résoudre aujourd’hui à rester silencieux devant le risque de voir l’Histoire se répéter.

Je n’ai aucune leçon à donner à quiconque et chacun doit garder son libre arbitre, pouvoir exprimer ses convictions. Il est néanmoins de ma responsabilité d’appeler la communauté universitaire à aller voter dimanche prochain et à faire barrage par son vote à l’accession de Marine Le Pen à la Présidence de la République Française.

Bien à vous,

Manuel Tunon de Lara

Merci à IWuzKangz

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