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Brest (29) : « Comme je refusais de donner mes empreintes, ils ont utilisé un taser et j’ai été incarcéré » Hichem, migrant soudanais

19/04

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À Brest, plusieurs migrants soudanais désespèrent de pouvoir demander l’asile. Ils risquent à tout moment être d’expulsés, et renvoyés vers leur pays où ils se disent en danger de mort.

Ils sont une quinzaine, âgés de 25 à 30 ans. Dans leurs yeux, la détresse se mêle à la colère. Le fruit d’une insupportable impuissance face au cauchemar éveillé qu’ils vivent depuis des mois, voire des années.

« Je suis parti de mon pays, le Soudan, il y a plus de deux ans », raconte Hichem (1). À Brest depuis novembre, le jeune homme, comme ses camarades d’infortune, revient de loin.

« Chez moi, au Darfour, c’est la guerre. Je suis parti pour sauver ma peau », raconte-t-il en arabe, assisté d’une traductrice. Sur les répressions endurées dans son pays natal, Hichem ne s’étend pas. Pudeur ou douleur, l’exilé préfère insister sur le périlleux voyage jusqu’en France. (…)

« Je suis passé par la Libye, comme la majorité d’entre nous. Là-bas, j’ai dû payer un passeur à deux reprises pour avoir le droit de monter sur un bateau en direction de l’Europe. »

Bateau qui, selon son récit, aurait été volontairement coulé par les autorités libyennes. « Sur les 160 du départ, nous sommes 15 à avoir survécu. » Secouru par des pêcheurs, le groupe atteint enfin Lampedusa, en Italie. L’arrivée en Europe n’offre aucun répit, au contraire.

« Comme je refusais de donner mes empreintes, ils ont utilisé un taser et j’ai été incarcéré », poursuit Hichem. Après six tentatives infructueuses, le Soudanais parvient enfin à gagner la France en juillet dernier.

« Je préfère être jeté à la mer »

Là, il rejoint le campement parisien de Stalingrad, dans le 19e, où plus de 3 000 autres migrants sont installés sous des tentes d’infortune. À l’évacuation du camp par la préfecture de Paris, une trentaine de Soudanais sont envoyés vers le Finistère. (…)

« Résultat : ils peuvent être expulsés à tout moment vers l’Italie. D’où ils seront très probablement renvoyés vers le Soudan », poursuit la militante. « Je préfère être jeté à la mer plutôt que de retourner en Italie », soupire Hichem, qui ne sait plus vers qui se tourner pour obtenir de l’aide. (…)

Source

Bonne Dégaine

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