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Agression raciste à Avignon : « Finissons cette face de craie »

Nov
2009

Le 7 janvier dernier, Serge Juillard se rend au centre commercial Cap Sud pour acheter un lecteur de DVD. Il neige, la circulation est difficile, des bandes de jeunes en profitent pour importuner des automobilistes, leur lancer des boules de neige, les provoquer, les insulter.

« Déjà, à l’aller, je m’étais interposé pour qu’ils laissent tranquille un vieux monsieur qui se faisait voler son portable », raconte Serge Juillard, qui se souvient d’un climat « tendu ». Il est environ 17h30 lorsqu’il quitte le parking du centre commercial.

Les agissements des jeunes se poursuivent ça et là sur son parcours. Mais tout bascule arrivé au quartier de la Barbière. « À cause de la neige, nous avancions au pas et nous recevions des boules de neige sur les voitures, certaines avec des cailloux, poursuit Serge Juillard. Puis je les ai vus jeter un bloc de glace sur ma portière« .

Face au fracas, Serge Juillard décide de descendre constater l’ampleur des dégâts. « Il faisait nuit, je ne voyais rien, j’ai juste entendu, « viens » et deux minots de 11-12 ans se sont jetés sur moi. Ils ont commencé à me frapper à la tête et au ventre. J’ai vu la haine dans leurs yeux. »

Serge Juillard, transporteur et ancien employé des abattoirs est pourtant gaillard, pas du genre à s’en laisser conter, malgré un bras immobilisé et des problèmes de dos. Il parvient néanmoins à les maîtriser. Mais rapidement, quatre autres jeunes, à peine plus âgés, s’en mêlent.

«Ils ont dû être une quinzaine à me taper. Ils ont utilisé une barre de fer. Ils se la passaient pour me taper, un peu comme dans une tournante…».

« Ils m’ont mis à terre d’une balayette et les coups ont commencé à pleuvoir de tous les côtés. » L’enfer va durer une vingtaine de minutes environ. « Ils ont dû être une quinzaine au total à me taper, à des degrés divers, estime Serge Juillard. Ils ont même utilisé une barre de fer. Ils se la passaient pour me taper, un peu comme dans une tournante… »

La victime pense à « faire le mort » pour qu’ils cessent, mais « la douleur me faisait crier ». Il n’a même plus la force de leur dire d’arrêter. « Ils m’ont cassé le fémur et la jambe et malgré ça ils continuaient à frapper. Ils me marchaient sur les mains, prenaient même de l’élan pour me mettre des coups de pieds dans les testicules… », égrène Serge Juillard. Leur violence était gratuite. Je me suis vu partir quand je les ai entendu se dire ‘finissons cette face de craie' ».

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