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« Wassila et ses filles, ‘une famille française’» (Le Monde)

Oct
2016

Six femmes musulmanes, une mère, Wassila, et ses filles, Jihene, Halima, Ismahane, Meilek et Yasmine, âgées de 14 à 57 ans, débattent de leurs façons de pratiquer leur religion, du racisme ordinaire, des hommes politiques.

Dès qu’il se passe « quelque chose » désormais, toutes espèrent que le responsable ne portera pas un nom arabe. Quand celui du terroriste du 14-Juillet est tombé, une même grimace les a rassemblées : « On est mal. »

[…] Wassila est arrivée de Tunisie à 8 ans, suivant l’exil d’un père soudeur venu travailler sur les chantiers du sud-est de la France. Malgré les années qui ont passé, sa double nationalité, ses sept enfants et autant de petits-enfants nés ici, les « Rentrez chez vous ! » n’ont pas cessé. Ils ont même repris de plus belle depuis quelque temps. Alors, elle a réuni tout le monde pour dire stop. « On est chez nous. C’est tout. » […]

Une éducation sans prière ni langue arabe, « à part ‘passe-moi la fourchette’peut-être», glousse Halima, qui a appris depuis. A 32 ans, elle se souvient des sorties au McDonald’s de son enfance. Le régime halal se faisait plus souple en dehors de la maison. « Maintenant, c’est hamburger au poisson pour tout le monde», note-t-elle, en remontant une couverture sur sa petite dernière, assoupie contre elle. […]

Jihene admet avoir « frôlé l’extrême ». Même dans sa famille, les regards se sont faits plus appuyés lorsqu’elle a revêtu le jilbeb, une longue robe souvent noire, couvrant l’intégralité du corps, mais pas le visage. Ce n’est pas qu’ils étaient vraiment inquiets, nuancent les autres, simplement surpris. Son père un peu, tout de même, confie sa mère : « Il me demandait : ‘Pourquoi elle se soumet comme ça ?’ » Jihene, elle, refuse d’être définie comme une femme dominée. « Une femme libre est-elle forcément dénudée ? » Tout en ne serrant pas la main des hommes, elle se sent « féministe à 100 %». La meilleure preuve à ses yeux : le voile, chez elle comme dans la société, « il faut le vouloir pour le porter. Si ce n’est pas du féminisme ça ! »

En grandissant, ce sont elles, les aînées, qui ont ramené quelques règles religieuses au sein du foyer. « On ne mange pas de porc, on ne boit pas», énumère Mostafa, seul garçon de la fratrie. « Et fumer, on fume ou pas ? » le taquine l’une de ses sœurs. L’adolescent de 15 ans répond en enfonçant simplement la tête dans son tee-shirt fluorescent du Barça, trahissant un vice passé ou présent.

Le voile est également entré tardivement dans la famille. Jihene, la plus âgée, fut la première à le porter en 2009. Elle avait 26 ans. Sa mère l’a rapidement imitée, poussée par son geste à « réfléchir sur [sa] façon de pratiquer», puis une autre de ses sœurs, l’absente, a suivi. « Pourquoi tata porte le voile et toi non ? » Lorsque les enfants des unes posent des questions sur le choix des autres, toutes répondent que « c’est personnel», qu’aucune n’est meilleure que l’autre. […]

Le Monde

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