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Accueil des migrants : Mgr Pontier juge que la France n’en fait pas assez, « J’ai un peu honte pour notre pays »

Oct
2016

[…] L’accueil des réfugiés suscite des réticences, voire de l’hostilité, y compris chez les catholiques, même si beaucoup d’associations chrétiennes les aident. L’Eglise n’a-t-elle pas, elle aussi, des difficultés à se faire entendre sur cette question ?

Oui, on a du mal à se faire entendre. Cette réalité des réfugiés aussi est instrumentalisée. J’ai un peu honte pour notre pays quand je vois que la petite Jordanie accueille 1,5 million de réfugiés, le Liban autant, quand la Grèce et l’Italie font ce qu’elles peuvent depuis des années. J’ai un peu honte, et pour des chrétiens encore plus s’ils n’arrivent pas à saisir ce devoir d’humanité que nous avons aujourd’hui, et ce devoir de fraternité pour employer le mot de la République, qui est aussi un mot chrétien.

Nous ne pouvons pas faire des incantations sur l’Europe, sur « le pays des droits de l’homme », et ne pas manifester le minimum d’accueil. Il y a une contradiction entre l’image que nous voulons donner de notre pays et la réalité. Ne décrivons pas chaque réfugié comme un terroriste potentiel ! Ce sont aussi des talents qui nous arrivent.

[…] Comment réfléchir à une identité ? Pas en cherchant à revenir à une supposée identité fermée, éternelle, que tout le monde aurait partagée dans le passé, alors même que les courants migratoires, il y en a eu de tout temps ! Qui, dans sa généalogie, n’a pas une branche venue d’ailleurs ?

Les rouages de la rencontre, de la transmission des valeurs, de l’inscription dans un même pays, en particulier l’école, ne jouent plus leur fonction. Nous sommes devenus pluriculturels et il nous faut réussir avec ce que nous avons de meilleur, qui est contenu dans les mots « liberté, égalité, fraternité ».  […]

De plus en plus de catholiques, selon les sondages, seraient tentés par le vote Front national. Qu’avez-vous à leur dire ?

[…] Que leur dire ? D’abord, on voit bien qu’au sein du Front national il y a eu une rupture, la conscience que pour accéder au pouvoir, il fallait changer son image. Regardons objectivement les courants au sein du FN qui ont mené à la rupture avec son fondateur. Ensuite, quel est le projet proposé ? On voit bien que c’est un projet qui nous referme, sur notre pays, sur les « authentiques » Français, qui nous referme par rapport à l’Europe, aux libertés individuelles.

Il y a un gros risque à se laisser embarquer là-dedans. On a besoin d’hommes politiques qui portent le courant de l’ouverture, de la confiance. Qui donnent de l’air ! […]

Le Monde

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