Démocratie, égalitarisme et immigration

Sept
2009

Dans un article de la revue Chronicles*, le philosophe Hans-Hermann Hoppe tente de démontrer que l’immigration de masse est une conséquence logique de l’égalitarisme démocratique qui fonde la République française.

Selon Hoppe, l’équation fondamentale de la démocratie « un homme = une voix » installe une idéologie égalitariste au cœur de l’état (un fait tout particulièrement visible en France, où l’égalité est inscrite dans la devise nationale).  Les politiques migratoires en vigueur dans la plupart des pays démocratiques sont basées sur cet égalitarisme fondateur et non discriminant : elles laissent entrer pratiquement n’importe qui…

Selon Hoppe  :

Pour un chef d’état démocrate, peu importe que les nouveaux entrants soient des personnes plus ou moins adaptées au pays d’accueil, plus ou moins productives, ou plus ou moins compétentes… Il se pourrait même que les nécessiteux et les improductifs aient la préférence, car ils posent d’emblée davantage de « problèmes sociaux ». Et les dirigeants prospèrent sur l’existence de tels problèmes. En outre, des personnes frustes et sans qualifications ont davantage de chance d’approuver les politiques égalitaristes menées (des personnes éduquées ou d’un bon niveau s’y refuseraient). Le résultat des politiques d’immigration non-discriminatoires est une intégration forcée : des masses d’immigrants de bas niveau sont imposées aux nationaux « de souche » qui, s’ils avaient pu en décider, auraient été plus sélectifs, et se seraient choisis des voisins fort différents.

Si l’égalitarisme démocratique est à l’origine même des problèmes liés à l’immigration, quelle est la solution ? Selon Hoppe :

Mettre un terme à cette intégration forcée exige de s’opposer à la dictature de la majorité et suppose de mettre fin au caractère centralisé des décisions. Plus spécifiquement, le pouvoir d’inviter ou d’exclure des populations étrangères doit être retiré aux hommes de l’Etat central pour être remis aux régions, provinces, départements, villes, villages, quartiers résidentiels…

Pour Hoppe, cet objectif passe par la décentralisation, la sécession (l’une et l’autre par essence contraires à l’égalitarisme et à la règle majoritaire) et la restauration de la liberté d’association et d’exclusion… Une bonne partie des conflits dus à l’intégration forcée disparaîtra, selon Hoppe, quand les villes et les collectivités pourront de nouveau agir comme elles le faisaient jusqu’à une période encore récente, en Europe ou aux Etats-Unis :

  • en énonçant des conditions d’entrée dans la ville (pas de mendiants ou de nomades par exemple) ou en interdisant l’accès à certaines catégories de population.
  • en chassant de la ville quiconque ne répond pas aux conditions énoncées ;
  • en redonnant à des assemblées locales, à la manière suisse, le pouvoir de décider qui peut — ou non — devenir citoyen, et en retirant au gouvernement central le pouvoir de «naturalisation ».

Hans Hoppe prône ainsi une communautarisation poussée, allant jusqu’à retirer ses fonctions régaliennes au pouvoir central (qu’il émane de Paris, de Bruxelles ou de l’ONU).

Serait-ce la voie que nous indiquent déjà certaines populations immigrées ? N’ont-elles pas déjà transformé certains quartiers en enclaves où elles sont majoritaires, des zones où les forces de l’ordre ne peuvent plus pénétrer, où les symboles de l’État sont systématiquement détruits, et où les personnes n’appartenant pas à l’ethnie majoritaire sont poussées à déménager ?

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* « On Free Immigration and Forced Integration », Chronicles, Vol. 19, No. 7, juillet 1995.