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Migrants : Cazeneuve accusé de vider la « jungle de Calais » avant les régionales (Màj)

Nov
2015

Pour désengorger la « jungle de Calais », le ministère de l’Intérieur n’hésite pas à envoyer les migrants dans des centres de rétention administrative pour quelques jours. Un tour de passe-passe destiné à diminuer ponctuellement le nombre d’habitants du campement à un mois des élections, dénoncent les associations.

A un mois des élections régionales, la « jungle de Calais » se vide à une vitesse impressionnante. En octobre, 6000 migrants s’entassaient dans ce campement à ciel ouvert, devenu le plus grand bidonville d’Europe. […]

Le plan du ministre de l’Intérieur comporte deux volets. Le premier fait consensus et satisfait les associations de défense des migrants. Bernard Cazeneuve a demandé aux préfets d’ouvrir aux quatre coins de l’hexagone des « centres d’accueil et d’orientation » destinés aux migrants qui ont renoncé à rejoindre l’Angleterre.

Des hôtels et des bâtiments ont été réquisitionnés à cet effet. Vendredi, 917 personnes avaient accepté l’offre d’hébergement. Mais c’est l’autre partie du plan qui suscite la polémique. Les associations accusent Bernard Cazeneuve de procéder à un tour de passe-passe en installant pour quelques jours les migrants dans des centres de rétentions administratives (CRA). Selon l’association La Cimade, 664 personnes y auraient été envoyées au cours des deux dernières semaines. […]

Quel signification donner à ce plan? Elle serait politique, estiment les associations. Elles accusent le gouvernement de vider la jungle le temps des élections régionales. Les sondages donnent aujourd’hui Marine Le Pen gagnante dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où la crise des migrants cristallise les tensions. […]

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Le plan secret de Cazeneuve pour vider Calais de ses migrants le temps des élections

Vendredi à Calais, les policiers comptaient et recomptaient. Méthodiquement. Selon nos informations, deux semaines après la dernière visite du ministre de l’Intérieur dans la « Jungle » , les fonctionnaires ont dénombré un peu plus de 4.500 personnes. Une baisse spectaculaire de 25 % en quelques semaines. En octobre, avec près de 6.000 migrants, la fréquentation du camp avait explosé en raison de l’arrivée des Syriens et des Irakiens.

À un mois des régionales, Bernard Cazeneuve a discrètement mis en place, fin octobre, un plan de bataille en deux volets pour vider le camp de Calais. Côté face, la méthode douce mais coûteuse. Le ministre a demandé aux préfets d’ouvrir dans toute la France des « centres d’accueil et d’orient ation » pour permettre aux migrants qui acceptent de renoncer à l’Angleterre « de se reposer et de réfléchir » . Des hôtels, des centres de loisirs, des bâtiments inoccupés… ont été réquisitionnés ces derniers jours. Le plus loin possible des côtes anglaises. « On a perdu du temps, maintenant on perd de l’argent »

(…)

Mais c’est le second volet du plan Cazeneuve, le côté pile, qui fait grincer des dents. Les associations reprochent au ministre de « planquer » des migrants dans les centres de rétention pour gagner du temps et tronquer les chiffres. Depuis le 21 octobre, les associatifs présents dans les centres de rétention administrative ( CRA) ont vu arriver des « Calaisiens » par dizaines chaque jour. La Cimade a calculé que, au cours des quinze derniers jours, 664 migrants en provenance du Pas- de- Calais avaient atterri à raison de 30 à 50 par jour dans les centres de Nîmes, Metz, Vincennes, Toulouse, Rouen- Oissel et Marseille.

Ces structures fermées sont normalement destinées aux étrangers interpellés en France en situation irrégulière avant leur expulsion vers leur pays d’origine. Ils y sont « retenus » le temps que l’administration obtienne un laissez- passer en bonne et due forme et organise leur retour. Dans le cas des 664 « Calaisiens » , les associations affirment que 98 % d’entre eux ont été libérés et 2 % seulement éloignés dans un pays européen, notamment en Albanie. Et pour cause. Plus de 20 % des interpellés étaient Syriens ou inexpulsables en raison de leur nationalité. « C’est Ubu et Kafka réunis, persifle un fonctionnaire. On ne peut pas annoncer qu’on va accueillir 30.000 Syriens et mettre ceux qui sont là en rétention. » « Il faut faire comprendre qu’on ne passe plus à Calais »

Ces structures fermées sont normalement destinées aux étrangers interpellés en France en situation irrégulière avant leur expulsion vers leur pays d’origine. Ils y sont « retenus » le temps que l’administration obtienne un laissez- passer en bonne et due forme et organise leur retour. Dans le cas des 664 « Calaisiens » , les associations affirment que 98 % d’entre eux ont été libérés et 2 % seulement éloignés dans un pays européen, notamment en Albanie. Et pour cause. Plus de 20 % des interpellés étaient Syriens ou inexpulsables en raison de leur nationalité. « C’est Ubu et Kafka réunis, persifle un fonctionnaire. On ne peut pas annoncer qu’on va accueillir 30.000 Syriens et mettre ceux qui sont là en rétention. »

(…) Lucie Feutrier- Cook, directrice adjointe à l’Ordre de Malte, fait le même constat au centre de Metz, où l’association intervient. « On se demande à quoi peut servir ce type d’intervention à part à vider Calais le temps des élections, expliquet- elle. Nous avions un Syrien qui était paniqué car sa jeune soeur était restée seule dans le camp de Calais. Au bout de cinq jours, il est reparti. Ces gens ne parlent pas le français et très mal l’anglais. Nous avons dû faire appel à des interprètes. »

Le JDD

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