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États-Unis : Plaidoyer de scientifiques contre l’exploration pétrolière

Mar
2015

Plus de 75 scientifiques spécialistes des océans viennent d’écrire au président américain Barack Obama pour tenter de le convaincre de renoncer à son plan d’autoriser l’exploration pétrolière dans l’Atlantique, le long de la côte est, en raison des risques significatifs pour la vie marine.

« Ouvrir la côte est aux levés sismiques représente un risque aussi sérieux qu’inacceptable pour la vie marine », soulignent les scientifiques issus des universités américaines Cornell et Stanford, mais aussi de diverses institutions internationales. 

Dans leur lettre adressée directement au chef de la Maison-Blanche, ils expliquent ainsi que les levés sismiques utilisés par les pétrolières ont « une énorme empreinte environnementale ».

Selon ce qu’ils font valoir, ces tests — qui s’apparentent de puissantes explosions — peuvent blesser les cétacés, leur causer des stress importants ou bloquer toute possibilité de communication entre les animaux. Cela revient en fait à les priver d’un « habitat critique »pour leur survie.

Or, des espèces menacées de disparition vivent directement dans les zones visées par les travaux d’exploration prévus au cours des prochains mois et des prochaines années. C’est le cas de la baleine franche, « une espèce très vulnérable », souligne Scott Kraux, vice-président de la recherche à l’aquarium de Boston. Il ne reste plus que 500 individus de cette espèce dans l’Atlantique Nord. D’autres espèces de cétacés menacées fréquentent les mêmes eaux.

Les levés sismiques peuvent aussi avoir « des impacts énormes sur les populations de poissons », précisent les scientifiques dans leur missive. Dans d’autres régions du monde, rappellent-ils, ces tests ont provoqué l’effondrement des prises des pêches commerciales. Des études ont également démontré que de tels travaux d’exploration en milieu marin ont tué les larves de poissons, ou encore les alevins.

De tels levés sismiques ont déjà été réalisés dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent. De nouveaux levés pourraient être autorisés au cours des prochaines années, notamment si le Québec lève le moratoire sur l’exploration pétrolière dans sa partie du golfe.

20 millions de levés

Malgré les risques environnementaux, le gouvernement américain a décidé l’an dernier d’autoriser le recours aux levés sismiques en milieu marin. Au cours des prochaines années, pas moins de 20 millions de ces levés sismiques pourraient être effectués dans l’Atlantique, au large des côtes américaines.

En janvier, le président Obama a aussi annoncé son intention d’y autoriser les forages pétroliers, après des décennies de moratoire. Le département de l’Intérieur, qui est aussi responsable des questions environnementales, entend ainsi délivrer des permis de recherche de gisements d’énergie fossile dans les eaux américaines situées entre la Géorgie et la Virginie.

De nouvelles zones d’exploration seront aussi offertes aux pétrolières dans le golfe du Mexique, une région maritime qui subit toujours les contrecoups de l’imposante pollution provoquée par l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, de British Petroleum. La multinationale responsable de la catastrophe environnementale pourra d’ailleurs convoiter les permis qui seront délivrés par le gouvernement, à la suite d’une décision en sa faveur rendue l’an dernier.

Selon ce qu’a précisé le département de l’Intérieur, les nouveaux permis seront délivrés entre 2017 et 2022. Il s’agit d’une excellente nouvelle pour le lobby des énergies fossiles, puisque des estimations préliminaires ont déjà évalué à plus de trois milliards de barils de pétrole le potentiel dans les nouvelles zones ouvertes aux foreuses. D’importantes quantités de gaz naturel pourraient aussi se trouver sous le fond marin atlantique. Déjà, neuf demandes de permis ont été envoyées aux autorités américaines.

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