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Russie : Avis de gros temps sur l’économie

Fév
2015

A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

Si le rattachement de la Crimée est interprété au Kremlin comme un succès militaire et politique, le bilan économique de l’année 2014, marquée par l’adoption de sanctions occidentales à l’encontre de la Russie, est loin d’être positif. L’ampleur de la chute du rouble vis-à-vis du dollar (-42% entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2015) a effacé les gains de puissance économique relative réalisés depuis 2009.

Le pays a rétrogradé du dixième au seizième rang mondial en termes de produit intérieur brut (PIB) au taux de change courant. Les autorités visaient une inflation réduite à 5 % ; elle a plus que doublé et s’établit à 11,4 %. La croissance devait se redresser à 3,5 % ; dans le meilleur des cas, elle sera nulle en 2014 et fera place à une récession en 2015 (entre -3 % et -4,5 % selon les prévisions du gouvernement).

La diversification industrielle devait être relancée ; la production d’automobiles a chuté lourdement. Le leader Avtovaz a déjà supprimé plus de dix mille postes et s’apprête de nouveau à licencier. Si la situation continue de se dégrader, nul doute que ses concurrents lui emboîteront le pas.
La persistance d’une forte inflation dans une période de stagnation a pour conséquence d’aggraver les inégalités de revenus réels et de déprimer la consommation. Le commerce de détail, après avoir longtemps résisté, a commencé à céder.

Du côté des entreprises, l’investissement, nerf de la guerre pour la modernisation de l’économie russe, confirme et amplifie un repli amorcé au printemps 2013. Il continuera en 2015 sur cette pente descendante, compte tenu des taux d’intérêt directeurs portés à 17 % par la banque centrale en décembre pour limiter la dérive du change et de l’inflation.

Par ailleurs, le système financier russe n’est plus en mesure d’apporter les liquidités nécessaires : les sanctions (lire la chronologie « L’escalade des sanctions ») obligent les grandes banques à modifier le cœur de leur modèle économique, qui reposait sur l’emprunt en devises à bas taux d’intérêt sur les marchés internationaux combiné à des prêts à des prêts à taux d’intérêt plus rémunérateur en roubles sur le marché national.

L’épargne nationale en roubles ne suffira pas aux besoins de l’économie russe, tant elle est découragée par l’inflation. Les fleurons nationaux commencent eux aussi à souffrir. Si, en 2014, un nouveau record de production de pétrole vient d’être battu, cette progression risque de rester sans lendemain car la croissance des volumes extraits ralentit depuis 2011.

Elle est portée par les compagnies privées, désormais minoritaires dans le paysage énergétique russe. Le géant Gazprom a quant à lui enregistré une chute de 9% de l’extraction de gaz en 2014. Jamais depuis sa création, son niveau de production n’avait été aussi bas.

Pressions sur les ressources publiques

Dans la conjoncture actuelle, l’investissement dans les technologies permettant de mettre en valeur les gisements non conventionnels et de grande profondeur devient crucial. Les restrictions occidentales sur les transferts de technologie aux compagnies pétrolières et gazières russes obèrent sérieusement leurs perspectives de développement, notamment en Sibérie orientale et dans l’Arctique.

Confronté à une situation financière délicate, Gazprom vient de renoncer au South Stream, le projet de gazoduc devant approvisionner l’Europe en contournant l’Ukraine par le sud, pour déployer davantage de ressources vers la Chine et le nouveau gazoduc vers la Chine et le nouveau gazoduc oriental. Selon toute probabilité, le retard d’investissement ne sera pas rattrapé dans les années qui viennent. Certains secteurs de l’économie affichent de meilleurs résultats.

C’est le cas de l’agriculture, qui a enregistré des récoltes record en 2014. En pareil cas, la Russie devient habituellement l’un des principaux exportateurs mondiaux de céréales. De plus, la chute du rouble se combine aux volumes produits pour offrir des possibilités redoublées. Mais, par crainte d’une hausse des prix intérieurs, le gouvernement a cru bon de freiner administrativement les gazoducs, avec pour effet pervers de limiter la capacité des agriculteurs russes à acheter en devises étrangères les intrants (semences, engrais…) nécessaires à leur production future.

A mesure que la crise mord sur des secteurs-clés de l’économie, l’État subit une pression croissante de la part des acteurs touchés. Celle-ci est d’abord venue du secteur énergétique : Rosneft, Novatek et Lukoil ont obtenu durant l’été des financements de plusieurs milliards de dollars, soit directement tirés des fonds publics, soit via des banques non touchées par les sanctions.

En juin, M. Vladimir Poutine avait déjà chiffré les besoins en capitaux supplémentaires de Gazprom à 50 mil- liards de dollars, avant que l’entreprise ne publie ses premières pertes trimestrielles depuis 2008, attribuées à des retards de paiement ukrainiens.

Cette première salve a été bientôt suivie d’une autre dans le secteur bancaire : le gouvernement a annoncé début septembre une série de recapitalisations pour VTB, Rosselkhozbank et Gazprombank notamment. Tout comme Sberbank, première banque du pays, VTB est présente en Ukraine, où la situation est encore plus dégradée qu’en Russie.

Ces établissements, par ailleurs coupés des marchés internationaux de capitaux, sont donc touchés doublement. Le gouverne- ment, qui fait du secteur bancaire sa priorité, prévoit de le renflouer à hauteur de 18 milliards de dollars durant le premier trimestre 2015. L’appareil militaro-industriel constitue le troisième groupe de pression ayant actuellement une influence réelle sur le pouvoir politique.

Avec les succès obtenus sur le terrain en Crimée et au Donbass – où sa présence est toujours niée par les autorités –, ses responsables sont désormais en position de force pour négocier la sécurisation de leurs moyens (+ 11 % prévus dans le projet de budget 2015). Les conflits de répartition vont donc s’intensifier. Dans quelques mois, les effets de l’inflation et de la détérioration de l’activité industrielle risquent d’ajouter de nouvelles pressions, politiques et sociales, à celles des secteurs bancaire, énergétique et militaire.

Compte tenu de la nature fédérale de l’État, c’est vers les budgets municipaux et régionaux que se tourneront les revendications. Or ceux-ci souffrent déjà depuis la récession de 2009.

Fardeau de l’endettement extérieur

La Russie vendant son pétrole en dollars, un baril lui rapporte d’autant plus de roubles que sa devise nationale est faible. Mais la chute du rouble n’a pas suffi à compenser la dégringolade du prix du pétrole : sur l’année, le prix du baril Oural (unité de référence en Russie) exprimé en roubles a perdu 14 %.

Par ailleurs, avec une monnaie aussi dépréciée, la capacité de l’économie russe à se procurer les importations indispensables en technologies et biens d’équipement pour lesquelles il n’existe aucun substitut à court terme en Russie a été divisée par près de deux. Les projets de privatisation, qui pourraient procurer des recettes de substitution, restent dans les cartons en raison du contexte économique incertain.

Le gouvernement s’abstient aussi de recourir à l’emprunt, car, si l’endettement propre de l’État demeure très faible (12 % du PIB, lire l’encadré ci-contre), celui des grandes entreprises publiques – en devises – s’avère très lourd. Alors que les agences de notation internationales multiplient les avertissements sur la dette souveraine, le ministère des finances a renoncé à plusieurs reprises à émettre des obligations d’État, les conditions du marché étant défavorables.

Le fardeau de l’endettement extérieur peut s’avérer létal pour des agents économiques fortement engagés qui ne peuvent compter sur un renouvellement de leurs emprunts. Sur le plan financier et commercial, un nouveau problème est désormais posé aux autorités monétaires : celui de la volatilité du rouble vis-à-vis de l’euro et plus encore du dollar.

Cette instabilité soulève une difficulté au moins aussi redoutable que la faiblesse de la monnaie ou que les sanctions. Elle déprime le commerce extérieur en renchérissant la couverture contre le risque de change que les entreprises tant nationales qu’étrangères doivent contracter pour poursuivre leurs activités.

Jusqu’ici, les sirènes prônant des restrictions aux flux de capitaux n’ont pas réussi à séduire les autorités monétaires. L’option reste néanmoins sur la table, avec ses avantages – mettre le rouble à l’abri de la spéculation et redonner de l’autonomie à la politique monétaire – et ses limites – réduire les financements en provenance des investisseurs étrangers directs, aggraver la frilosité des investisseurs et multiplier les occasions de corruption et de développement des marchés parallèles.

D’ores et déjà, le gouverne- ment a annoncé qu’il obligerait cinq grandes compagnies exportatrices (Gazprom, Rosneft, Alrosa, Zaroubejneft, Kristall Production Corporation) à vendre dans les semaines qui viennent les devises accumulées depuis octobre 2014 (soit 40 à 50 milliards de dollars), pour reconstituer les réserves de la banque centrale et soutenir le rouble (1).

A l’avenir, d’autres mesures administratives pourraient s’ajouter à celle-ci. Le régime recherche d’autres perspectives économiques. La mise en œuvre de l’Union économique eurasiatique (UEE) avec le Kazakhstan et la Biélorussie, rejoints depuis le 1er janvier 2015 par l’Arménie, avant de l’être par le Kirghizstan dans le courant de l’année, s’inscrit dans cette logique.

Sans l’Ukraine, ce projet revêt bien sûr beaucoup moins de sens d’un point de vue économique. L’enthousiasme des premières années a laissé place à des critiques de plus en plus ouvertes parmi les fondateurs. Mais la dimension symbolique du projet demeure essentielle pour M. Poutine. De même, l’appartenance au groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui a constitué un sujet de fierté et d’optimisme durant ces dernières années, tarde à porter ses fruits économiques, sauf si on lui attribue la signature récente d’accords d’exportation de centrales nucléaires russes avec New Delhi et Pretoria.

Deux organismes financiers multilatéraux (Nouvelle Banque de développement et Dispositif de réserves contingentes) ont été lancés au sommet des Brics de Fortaleza (Brésil) en juillet dernier et doivent entrer en fonction en 2016, ce qui représentera une première. Toutefois, les conditions concrètes de leur fonctionnement restent à établir, en particulier le type de conditionnalités qui sera pratiqué pour l’octroi de prêts.

Se tourner vers la Chine?

C’est surtout dans sa relation avec la Chine que la Russie a réussi d’importantes percées en 2014. Au-delà de l’accord permettant de régler des échanges bilatéraux sans passer par le dollar, la question du gaz a retenu l’attention. La construction du gazoduc qui permettra de relier directement les gisements russes au territoire chinois a été décidée le 21 mai 2014.

Cette décision boucle fort opportunément des négociations menées depuis plus de dix ans et offrant à Gazprom ses premières perspectives réelles de diversification de ses débouchés. Compte tenu des délais de mise en œuvre, les premières retombées concrètes des accords ne sont pas attendues avant 2018, soit bien au-delà de l’horizon qui importe aujourd’hui.

Dans l’intervalle, la Chine semble prête à subvenir aux besoins de plus en plus pressants en devises des grandes compagnies russes. Elle trouve sans doute trop belle cette occasion de faire un pied de nez aux sanctions occidentales et d’affirmer sa capacité d’intervention en tant que nouvelle grande puissance financière. La Russie n’est pas seulement prisonnière des positions géopolitiques sur les- quelles campe son président à propos de l’Ukraine. Elle est prise dans une contradiction entre deux objectifs économiques dont la poursuite simultanée n’est pas tenable.

Le premier consiste à fonder le renouveau économique sur l’attractivité internationale du territoire. On peut lire cette tendance dans l’accession à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), devenue réalité en 2012, dans l’objectif maintes fois rappelé par M. Poutine de hisser le pays à la vingtième place du classement Doing Business de la Banque mondiale d’ici 2020, dans celui de faire de Moscou un centre financier international et d’attirer toujours plus d’investissements directs étrangers, ou bien dans l’idée, datant de l’intérim Medvedev (2008-2012), de créer des pôles technologiques à vocation mondiale, comme celui de Skolkovo.

Le second axe de développement, orthogonal au premier, consiste à bâtir un modèle économique et institutionnel autochtone, reposant sur des normes propres et abrité pour cette raison d’une concurrence mondiale présentée comme menaçante. Fondamentalement, cet objectif s’est traduit par les mesures protectionnistes prises après la récession de 2009 et par les premières réactions, en 2013, de la Russie à l’accord de libre-échange proposé à l’Ukraine par l’Union européenne.

C’est aussi lui qui teinte le projet de l’UEE, qui fonctionne selon des règles très directement inspirées par la Russie. Depuis l’annonce des sanctions occidentales, ce second axe a trouvé une nouvelle vigueur et domine large- ment les discours tenus sur la scène nationale. Si les conditions géopolitiques ne changent pas, les sources privées de financement ont toutes les chances de continuer de s’amenuiser dans les prochains mois. Les comptes publics resteront aussi sous pression, ce qui va motiver de nouvelles quêtes de liquidités des autorités russes, notamment vers la Chine.

Pékin pourrait trouver intérêt à prendre des options sur des actifs tangibles (parts de gisements, parts du capital de sociétés) en Russie. Mais, pour des raisons d’occupation de l’espace, de démographie et de dynamiques économiques et migratoires, les relations entre les deux voisins restent empreintes de méfiance.

La puissance économique de la Chine représente aujourd’hui plus de dix fois celle de la Russie, et sa dynamique récente est tout autre. Les dirigeants russes savent aussi que l’intensification des relations commerciales bilatérales a de fortes chances de hâter la désindustrialisation de leur pays. Or cette perspective contredit la stratégie économique menée jusqu’à maintenant, qui érige en priorités nationales la diversification industrielle et le maintien de l’emploi dans le secteur manufacturier.

Aux niveaux actuels du rouble et du prix du pétrole, l’économie russe se trouve dans une impasse. La dégradation de la situation découle de l’annexion de la Crimée et du conflit dans le Donbass, mais aussi des fragilités structurelles de l’économie russe que la crise actuelle a révélées.

Trois de ces fragilités méritent d’être soulignées : la première est la paradoxale faiblesse de l’État. Omniprésent depuis 2000, il s’est pourtant montré de moins en moins en mesure d’exister en dehors de la figure de son chef actuel et d’assurer son rôle d’institution capable de dépasser les intérêts particuliers.

La deuxième est la concentration des ressources du pays dans les secteurs énergétique et financier, tous deux contrôlés par une oligarchie ayant conservé, tout au long des années 2000, une forte influence sur l’appareil d’État.

La troisième est le sous-développement persistant des infrastructures de maillage de l’immense territoire du pays, qui limite l’efficacité et la résilience des activités qui s’y développent. Parce qu’il a fourni au pouvoir l’occasion de lui imputer la responsabilité des difficultés actuelles, le durcissement des sanctions occidentales en juillet 2014 a été politiquement contre-productif.

Il revient donc aux puissances européennes – au sein desquelles la France a toutes les raisons et les moyens de jouer un rôle moteur – de proposer une sortie par le haut à M. Poutine. Les possibilités de partenariats mutuellement bénéfiques entre l’Union européenne et la Russie sont légion : administration publique, infrastructures, nouvelles technologies, enseignement et recherche, transition énergétique… Conditionnées à une coopération effective dans le règlement du conflit ukrainien, ces perspectives peuvent offrir une issue à l’impasse dans laquelle l’économie russe est engagée. S

i, au contraire, il est placé au pied du mur, le pouvoir en place risque de se crisper plus encore, nourrissant l’isolement, le nationalisme et le revanchisme. L’histoire de l’Europe nous montre que cette voie ne mène qu’à la désolation. Européens et Russes devraient donc se donner les moyens d’une levée des sanctions.

Chronologie de l’escalade des sanctions

17 mars 2014. Le Canada, les États-Unis et l’Union européenne interdisent leurs territoires à des responsables politiques russes et à leurs homologues de Crimée. Le Japon et l’Australie prennent des mesures similaires, suivis en avril par l’Albanie, l’Islande, le Monténégro et l’Ukraine.

28 avril. Les États-Unis proscrivent les transactions d’affaires sur leur sol pour dix-sept entreprises et plusieurs officiels russes. L’Union européenne ferme l’accès à son territoire à quinze autres responsables russes.

17 juillet. Washington limite l’accès aux financements dont l’échéance est supérieure à trois mois pour Rosneft et Novatek ainsi que pour deux banques, Gazprombank et Vnesheconombank, et bientôt pour Bank of Moscow et Rosselkhozbank.

24 juillet. Le Canada élargit ses mesures à des entreprises russes du secteur financier, de l’armement et de l’énergie.

25 et 31 juillet. Bruxelles étend ses sanctions à dix-huit entreprises et quinze responsables supplémentaires. Des restrictions sont appliquées à des entreprises des secteurs de l’énergie, de la défense et financier.

5 août. Le Japon bloque les avoirs d’individus et de groupes ayant contribué à la séparation de la Crimée de l’Ukraine. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la Banque européenne d’investissement gèlent les fonds destinés à de nouveaux projets en Russie.

12, 14 et 28 août. La Norvège et la Suisse intègrent les nouvelles sanctions appliquées par l’Union européenne à leurs listes de mesures.

12 septembre. Washington durcit ses sanctions et les étend à Sberbank, Rostech, Gazprom, Gazprom Neft, Lukoil, Surgutneftegaz et Transneft. Sont suspendus les transferts de technologies liées à l’exploration en eaux profondes et au gaz de schiste.

24 septembre. Le Japon interdit l’émission de titres par la Sberbank, VTB, Gazprombank Rosselkhozbank et VEB, et durcit ses sanctions sur les exportations de matériel de défense à la Russie.

20 décembre. Bruxelles étend ses mesures restrictives concernant les relations économiques avec la Crimée : interdiction d’investissement, restriction des activités de tourisme et des exportations de technologies.

Un État producteur mais peu protecteur

Avant la chute du rouble, le produit intérieur brut (PIB) de la Russie (au taux de change courant) s’élevait à un peu plus de 2000 milliards de dollars. La valeur ajoutée se répartit entre les services (60 %), les industries extractives et énergétiques (18%), l’industrie manufacturière (12%), l’agriculture et la construction (5% chacune).

La population active, qui compte soixante-quinze millions de personnes, est très largement urbaine, avec un taux d’emploi et un pourcentage de diplômés parmi les plus élevés du monde. La productivité, en revanche, demeure faible. Elle est deux fois moindre que celle de l’Union européenne et n’a pas progressé significativement durant les cinq dernières années.

La part des dépenses de l’État dans l’économie est supérieure à celle de la France (37% environ, contre 31 %), mais celui-ci assume certaines fonctions de protection sociale, comme le financement des retraites, qui en France sont comptabilisées à part. Pour l’ensemble des dépenses publiques (sécurité sociale comprise), la Russie est largement derrière la France (37 %, contre 55 %).

Les entreprises publiques jouent un rôle déterminant dans l’économie russe: à la suite des acquisitions des années 2000 dans le secteur énergétique, puis des nationalisations réalisées durant la récession de 2009, elles contribuent désormais à plus de 50% du PIB.

Avec des recettes dépendant pour moitié des taxes sur le secteur des hydrocarbures, le budget de l’État est soumis aux variations du prix du pétrole. Jusqu’ici, le déficit est resté faible, sauf durant la récession de 2009, où des mesures exceptionnelles de relance ont été prises, avec une impulsion budgétaire totalisant 11% du PIB.

L’endettement public demeure minime, et l’État compte deux fonds souverains : le Fonds de réserve est utilisable pour soutenir le rouble et l’activité à court terme (89 milliards de dollars en décembre 2014) ; le Fonds national de bien-être (80 milliards de dollars) est destiné à faire face aux besoins futurs de financement des retraites.

La banque centrale accumule également des réserves de change (389 milliards de dollars fin décembre). Ce niveau reste considérable, mais elles ont fondu de 120 milliards en un an, soit l’équivalent des fuites de capitaux.

(1) Russian Legal Information Agency (Rapsi), 23 décembre 2014, www.rapsinews.com

Le Monde Diplomatique

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