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Grèce : les installations des J.O. de 2004 tombent en ruine

Août
2014

Les Jeux d’Athènes ont eu lieu il y a 10 ans. Entre 2004 et 2014, la Grèce s’est enfoncée dans une crise financière grave, et les installations olympiques tombent en ruine.

Athènes est pourtant le berceau des Jeux olympiques, et l’organisation des Jeux dans ce pays revêtait une signification particulière. Mais les problèmes économiques ont vite pris toute la place. L’organisation de l’événement a coûté 8,5 milliards d’euros (12,4 G$CA), chiffre fourni par le gouvernement grec, soit deux fois le budget initial.

Évidemment, ce n’est rien comparé à la dette de ce pays d’Europe qui s’élève à 320 milliards d’euros.

L’organisation des Jeux était-elle un trop gros risque pour un pays à l’économie si fragile? Les économistes ne veulent pas jeter le blâme sur l’événement qui a duré 17 jours, mais admettent que la Grèce a raté une belle occasion d’en tirer profit.

« Nous n’avons pas profité de la dynamique que ces Jeux ont créée en 2004, admet le triple champion olympique d’haltérophilie Pyrros Dimas, aujourd’hui membre du parti socialiste grec. Nous avons fait la plus grosse erreur de notre histoire. Nous avons complètement oublié cet héritage, fermé tous ces stades et nous les avons laissés tomber en ruine. »

Tout n’a pas été laissé à l’abandon. Le site d’haltérophilie, où Dimas a gagné sa dernière médaille de bronze, est devenu un centre de conférences. Le site de badminton a été converti en salle de concert, mais les autres sont fermés. Certains ont été mis en vente.

L’ancienne présidente du comité d’organisation Gianna Angelopoulos a lancé une grande enquête sur les répercussions économiques des JO de 2004.

« Les Jeux ont embelli l’image de la Grèce en 2004, mais nous avons fait très peu de suivi », a constaté l’économiste Theodore Krintas.

Pour ne pas revoir ça

Aujourd’hui, la réduction des coûts pour organiser les Jeux et la viabilité de l’héritage olympique sont les deux piliers du programme « Agenda 2020 », mis sur pied par le président du CIO Thomas Bach.

Après le coût des Jeux d’hiver de Sotchi, avec sa facture de 51 milliards de dollars, plusieurs pays européens qui avaient envie d’organiser les Jeux olympiques ont retiré leur candidature.

« C’est une honte pour notre pays, a lancé le président du comité olympique grec, Spyros Capralos, un ancien athlète olympique de water-polo. Personne n’a songé au lendemain des Jeux. Personne n’a réalisé que ça coûterait cher d’entretenir tous ces sites. »

« Je suis triste de constater que les gens pensent que les Jeux d’Athènes n’ont pas marché, a dit M. Capralos. Ce n’est pas le cas. Sur le plan sportif, ils ont été réussis et ont donné vie à Athènes. Nous avons de nouvelles routes, un nouveau métro, le réseau téléphonique fonctionne bien. Et quand il fat très chaud, le réseau électrique ne tombe pas en panne. »

« Le secteur privé doit prendre le relais, et investir dans les sites olympiques, car le gouvernement n’a pas les moyens de le faire », a conclu Spyros Capralos.

LCI et Radio Canada

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