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Le crash du MH17 déstabilise la planète finance

Juil
2014

De Tokyo à New York en passant par Paris et Francfort, toutes les places boursières mondiales ont dévissé après le crash de l’avion de ligne malaisien en Ukraine. La tragédie s’ajoute à la crise au Proche-Orient et fait craindre le pire pour l’économie mondiale.

La peur s’installe sur les places financières mondiales. Depuis l’annonce du crash d’un avion de ligne malaisien en Ukraine, apparemment abattu par un missile, la tension est montée d’un cran, illustrée par la chute des principales places boursières de la planète.


Ce vendredi matin, en Asie, la Bourse de Tokyo a clôturé sur une baisse de 1,01%, celle de Hong Kong a reculé de 0,3%, suivant la tendance impulsée par les places américaines et européennes. Wall Street, qui se situait la veille encore à des records, a basculé dans le rouge dès l’annonce du crash, vers 16h30 ce jeudi: le Dow Jones a plongé de 0,94%, le Nasdaq de 1,41%, et l’indice élargi S&P 500 de 1,18%.

Avant elles, les bourses européennes ont été les premières à faire les frais de l’angoisse qui a saisi les marchés financiers. La Bourse de Paris a perdu 1,21%, à Francfort, l’indice Dax a trébuché de 1,07%, et la Bourse de Londres a lâché 0,68%. Ce matin, l’humeur était toujours maussade sur les places européennes. La Bourse de Paris a ouvert en baisse de 0,45%, celle de Londres reculait de 0,40%. A Moscou, les indices Micex (libellé en roubles) et le RTS (en dollars) baissaient respectivement de 1,67% et 2,23%.

Preuve de la tension extrême à New-York, l’indice VIX, aussi appelé l’«indice de la peur», a explosé hier et s’est envolé de 32,73%, retrouvant des niveaux plus vus depuis la mi-avril.

• Le secteur aérien en souffrance

Partout, les actions du secteur aérien ont souffert. Aux États-Unis, American Airlines a décroché de 4,09% à 41,70 dollars, Delta Airlines a cédé 3,43% à 36,57 dollars et United Continental a abandonné 3,45% à 43,35 dollars. Le constructeur aéronautique Boeing -dont l’un des avions est impliqué dans le crash- a abandonné 1,21% à 125,88 dollars.

Côté européen, l’allemande Lufthansa a perdu 2,37% à 14,61 euros et perdait enore ce vendredi matin 1,37% à 14,40 euros. Air France-KLM, qui avait baissé de 1,45% à 8,77 euros hier, lâche 2,14% à 8,58 euros ce matin. Même mouvement baisser pour le groupe International Consolidated Airlines qui, après avoir chuté de 3,02% à 330,70 pence jeudi, reculait de 1,18% à 326,80 pence. easyJet cédait 0,15% à 1339 pence après avoir perdu 1,18% à 1,341 pence jeudi.

L’action de la compagnie aérienne Malaysia Airlines a plongé de quelque 15% vendredi à l’ouverture de la Bourse de Kuala Lumpur. Au Japon, ANA (-1,20% à 245 yens) et Japan Airlines (JAL, -0,8% à 5.930 yens) étaient aussi impactées.

• L’or et le yen, valeurs refuge, grimpent

Les investisseurs se sont rués sur les marchés obligataires, véritable refuge financier en temps d’incertitude, entraînant à la baisse les taux d’intérêt. Outre-Atlantique, le rendement des bons du Trésor à 10 ans a chuté jeudi à 2,475% contre 2,538% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,290% contre 3,348%. Ce matin en Asie, le rendement américain à 10 ans s’établissait à 2,465%.

Un mouvement de bascule s’est aussi opéré sur les devises. Le yen, devise refuge par excellence, s’est renforcé, au détriment du dollar. Le billet vert se situait à 101,31 yens ce matin, et l’euro, au plus bas depuis 5 mois, à environ 137,03 yens. La valeur du dollar n’a pratiquement pas bougé face à l’euro, évoluant ce matin à 1,3522 dollar, contre 1,3524 dollar mercredi soir.

Les investisseurs sont aussi allés rechercher la sécurité sur le marché de l’or, qui a grimpé de plus de 20 dollars dans les minutes suivant directement l’annonce de la disparition de l’avion, pour atteindre 1.324,55 dollars l’once vers 17 heures. Ce matin, l’once perd un peu de terrain, à 1.313,30 dollars.

• Des craintes pour l’économie mondiale

Pour les investisseurs, ce crash qui intervient après l’annonce de sanctions américaines contre Moscou dans le dossier ukrainien et quelques heures avant le début de l’offensive terrestre israëlienne à Gaza, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. «C’est franchement une très mauvaise nouvelle», a expliqué Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial services. «Ça met en cause la sécurité des routes aériennes dans cette région du globe et dans d’autres régions».

Les marchés craignent un impact direct sur l’économie mondiale. Ce qui inquiète le plus, «c’est que ce ne soit pas un accident mais un avion abattu. On va se poser des questions que l’on ne s’était jamais posées jusque-là: le risque de balles perdues sur les avions de ligne. Or, le trafic aérien est très important pour l’économie. C’est déstabilisant pour les voyageurs et les investisseurs», explique Gregori Volokhine.

Les opérateurs boursiers redoutent aussi l’intensification des sanctions contre la Russie «qui risquent de provoquer des représailles susceptibles d’affecter les exportations pétrolières du deuxième producteur mondial de brut», indiquent les analystes de CMC Markets.

Après avoir bondi jeudi, les cours du pétrole continuaient de progresser ce vendredi matin en Asie. Le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en août prenait 53 cent à 103,72 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord, livraison pour septembre, gagnait 65 cents à 108,54 USD. Si elle se poursuit, cette hausse des cours du pétrole risque aussi de peser sur la reprise économique mondiale, préviennent les analystes.

Le Figaro

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