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La facture énergétique des villes s’envole malgré un recul de leur consommation

Juil
2014

Selon l’Ademe, les communes françaises ont vu leurs dépenses en énergie augmenter de 35 % entre 2005 et 2012. Elles ont pourtant réduit leur consommation de plus de 9 % sur la même période.

La hausse des prix de l’énergie n’a pas épargné les communes : entre 2005 et 2012, leurs dépenses de gaz, d’électricité ou de carburant ont flambé de 35 %, révèle une étude de l’Ademe publiée en fin de semaine dernière. Les municipalités ont pourtant engagé des efforts significatifs en matière d’économies d’énergie : leur consommation a baissé de 9,4 % entre ces deux dates. « Ces initiatives ont permis de limiter la casse », reconnaît Ariane Rozo, l’un des pilotes à l’Ademe de l’enquête, menée en partenariat avec l’AITF (Association des ingénieurs territoriaux de France) et la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies).

Sur la période, le prix du gaz naturel a en effet augmenté de 60 % à 85 %, celui du fioul de 65 %, celui des carburants de 35 %, et celui de l’électricité dédié à l’éclairage public de 40 %. Le prix de l’électricité a, de son côté, augmenté de 18 % (abonnement inclus).


Alors que les dépenses d’énergie représentent 4,2 % du budget de fonctionnement des communes (et 10 % hors masse salariale), la plupart d’entre elles ont commencé à se pencher sérieusement sur la question à la fin des années 2000. Seules les plus grandes avaient lancé des initiatives avant cette date. « La mise en place des plans énergie-climat territoriaux, que les communes de plus de 50.000 habitants devaient avoir déposé au plus tard le 31 décembre 2012, a créé une certaine dynamique », souligne Ariane Rozo.

Isolation et éclairage

Tous les grands postes ont donc baissé sur la période. La consommation des bâtiments publics (qui représente près de 80 % du total de la facture) a été réduite de 393 à 360 kilowattheures (kWh) par habitant. Les trois quarts des communes ont en effet entrepris des actions d’isolation des « ouvrants » de leurs bâtiments, en installant des doubles vitrages, par exemple, tandis qu’une sur deux a aussi isolé ses murs et sa toiture ou rénové sa chaufferie.

Les initiatives engagées sur l’éclairage public, qui absorbe 42 % de la consommation d’électricité, ont aussi porté leurs fruits, avec une baisse de la consommation de 94 à 85 kWh par habitant. Les deux tiers des communes ont ainsi réduit le nombre de points lumineux et d’heures d’éclairement, notamment la nuit, ou ont remplacé leurs lampes fluorescentes par des lampes à meilleur rendement (LED, sodium…). « Pour l’essentiel, les économies les moins coûteuses en investissement, ou les plus faciles à réaliser techniquement, ont désormais été engagées, note Ariane Rozo. En revanche, les plus grosses rénovations, lourdes et onéreuses, traînent un peu. »

Pour dégager de nouveaux gisements d’économies, il s’agit maintenant de mener de nouvelles campagnes de sensibilisation des usagers, ou de s’attaquer à de nouveaux postes de dépenses, tels que la bureautique. « Ce poste représente de grosses consommations mais on s’y intéresse encore très peu », poursuit-elle. La loi sur la transition énergétique, qui comporte des dispositifs pour de nouvelles sources de financement, pourrait aussi donner une nouvelle impulsion aux collectivités locales pour doper leurs économies d’énergie.

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