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Quel est le coût de la pollution publicitaire ?

Juin
2014

Vous pestez à chaque fois que vous ramassez des liasses de prospectus publicitaires au milieu de votre courrier ? Certains d’entre vous, verts de rage, ont apposé l’autocollant « Stop pub » mais en vain ? L’UFC-Que choisir publie, mardi 24 juin, une étude quantifiant le volume de cette pollution publicitaire aux coûts écologiques et économiques loin d’être négligeables.

Au cours du mois d’avril, 748 bénévoles de l’ONG répartis dans 59 départements ont comptabilisé le nombre de publicités non adressées qu’ils ont reçues dans leurs boîtes aux lettres. Parmi eux, 236, soit 32 % des participants, avaient préalablement apposé un autocollant « Stop pub ».

Résultat: les ménages n’ayant pas d’autocollant ont reçu en moyenne 72 prospectus dans le mois, soit 2,7 kilos par boîte aux lettres. Cela représente une augmentation de 35 % en dix ans et ce, malgré le développement de la publicité sur Internet et un marché publicitaire globalement en récession.

Les foyers équipés de « Stop pub » ont, eux, récolté « seulement » 12 prospectus (371 grammes). Le constat est alors sans appel selon l’ONG : si quelques distributeurs ne le respectent pas, l’autocollant « Stop pub » a malgré tout permis de réduire la pollution publicitaire de 83 % en volume et 86 % en poids.

Estimation de l’efficacité du « Stop pub« 

Le problème, c’est par contre la faible diffusion de ce dispositif : seulement 9 % des ménages en sont équipés alors que cette campagne a été amorcée en 2004, lors du lancement du Plan national de prévention de la production de déchets. Par conséquent, d’après l’UFC-Que choisir, 1,8 milliard de prospectus ont été distribués en avril, représentant 69 200 tonnes sur l’ensemble du territoire français. A l’année, en 2011, le total atteignait 773 000 tonnes.

« Ce dispositif n’est plus un priorité du gouvernement, qui n’a pas relancé l’initiative alors qu’il avait distribué 6 millions d’autocollants entre 2004 et 2008, déplore Alain Bazot, le président de l’UFC-Que choisir. Résultat, aujourd’hui, la plupart des gens ne savent plus comment se procurer des autocollants et plus aucun suivi de cette campagne n’est réalisé. Or, le problème reste d’actualité. » 

Outre une promotion accrue du « Stop pub » par les pouvoirs publics, l’ONG demande la mise en place d’une pénalité financière – inexistante à ce jour – pour les enseignes qui ne respecteraient pas l’autocollant.

D’où viennent ces prospectus? Les enseignes de la grande distribution, du bricolage/jardinage et de l’ameublement sont les plus grands pollueurs publicitaires. Ils cumulent à eux trois 69 % des publicités distribuées, loin devant les marques de mode, de Hifi ou de sport. Les groupes Carrefour, Leclerc et Système U sont les champions des déchets, en ayant distribué respectivement 9,2, 6,1 et 5,9 prospectus en avril dans chaque boîte située près de l’un de leurs magasins.

Les grandes thématiques dans les boîtes aux lettres

Au-delà de la gêne occasionnée, cette pollution a un coût économique et écologique. Les annonceurs français dépensent 2,9 milliards d’euros chaque année en prospectus publicitaires, « répercutés sur le prix de vente des produits » selon l’UFC-Que choisir. Certes, ce report sur le consommateur aurait également lieu dans le cas de publicités sur Internet ou à la télévision.

Mais une fois jetés, les prospectus publicitaires occasionnent également un coût pour être traités. Si les producteurs financent, dans le cadre du principe pollueur-payeur, le traitement de leurs déchets, les ménages y participent également, à hauteur de 230 millions d’euros par an pour les papiers, via la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM).

Enfin, la pollution est également environnementale : comme seul 49 % du papier est recyclé en France, c’est plus de la moitié des 69 200 tonnes mensuelles de prospectus publicitaires qui sont gaspillées, indique l’UFC-Que choisir, qui demande un audit du ministère de l’écologie sur la question.

Car en réalité, il y a fort à parier que ce gaspillage soit plus important. Pas sûr que les ménages fatigués des publicités résistent à la tentation de les jeter dans la première poubelle qui leur tombe sous la main plutôt que dans le bac de tri.

Le Monde

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