Plein ecran

Inde : La roupie s'effondre face au dollar

Août
2013

La devise indienne a franchi jeudi 22 août un nouveau record à la baisse et s’échangeait à 65,04 roupies pour un dollar américain. Sur un marché inquiet de l’état de santé de l’économie indienne et du départ de capitaux vers les États-Unis. La monnaie a faibli dans la matinée à 65,04 roupies pour un dollar américain. Il s’agit de la plus forte baisse des grandes devises asiatiques depuis le début de l’année (près de 20 %).

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement et la Banque centrale ont pris une série de mesures pour soutenir la devise, mais sans effet jusqu’à présent. Jeudi, la Banque de réserve de l’Inde a annoncé qu’elle injecterait 80 milliards de roupies (940 millions d’euros) dans le système bancaire en achetant des obligations d’État à long terme, afin d’assouplir l’offre de crédits.

Cette dernière mesure semble aller à l’encontre des annonces de cet été, qui cherchaient à retirer des liquidités du marché pour freiner le déclin de la roupie. Mais aucune n’a eu les effets escomptés et elles ont en outre tendu les taux d’intérêt sur dix ans à leur plus haut niveau depuis cinq ans.

La glissade de la roupie, comme celle d’autres monnaies émergentes, est due en partie au départ de capitaux étrangers vers les États-Unis, où la croissance se renforce et où les taux devraient remonter à moyen terme, offrant ainsi une rémunération supérieure aux investisseurs.

Maux indiens et attrait du marché américain

La Réserve fédérale américaine (Fed) a en outre annoncé en mai la normalisation de sa politique monétaire ultra-généreuse, sans donner de calendrier précis. Alléchés par la perspective de meilleurs rendements sur le marché américain, les investisseurs ont commencé à retirer leurs billes des pays émergents.

Le compte rendu de la réunion de juillet de la Fed, publié mercredi, a laissé planer l’incertitude sur les volontés de la Banque centrale quant au calendrier et à l’intensité de cette normalisation.

L’Inde pâtit également de maux intérieurs : une croissance en berne (5 % pour l’année budgétaire 2012-2013, soit le taux le plus faible depuis dix ans), un agenda de réformes économiques quasiment au point mort avant les élections générales du printemps prochain, une corruption endémique et un déficit courant au plus haut.

Ce déficit courant signifie que le pays dépend de capitaux venus d’ailleurs pour fonctionner, par exemple pour se fournir en énergie. Une dépendance qui inquiète fortement les investisseurs.

Le Monde

(Merci à Tilak)

X