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Le Mexique sera bientôt plus compétitif que la Chine

Juin
2013

D’après une étude publiée, ce vendredi 28 juin, par le Boston Consulting Group, le Mexique pourrait bientôt devenir plus compétitif que la Chine, notamment grâce au coût de ses salaires et de son énergie.

Les Chinois ont-ils du souci à se faire ? D’après une étude du Boston Consulting Group, publiée ce vendredi 28 juin, le Mexique devrait bientôt devenir plus compétitif que la Chine… en matière de coût de production. L’Empire du Milieu, surnommé « l’usine du monde », devrait perdre son titre au profit du troisième plus grand pays d’Amérique latine.

Les points forts de son rival américain ? Le montant de ses salaires, ses nombreux accords de libre-échange et le coût de son énergie.

Pour l’instant, le troisième partenaire commercial des États-Unis n’est que la 14e puissance économique mondiale. Le Mexique doit beaucoup à son grand-frère américain, puisque 75% de ses exportations sont dirigées vers les États-Unis, avec lesquels il partage 3.200 kilomètres de frontières… ultra-sécurisées.

Plusieurs millions d’emplois à la clé

D’ici à 2015, les salaires des Mexicains devraient être inférieurs de 30% à ceux des Chinois, plafonnant à un peu moins de 4 dollars de l’heure (taxes comprises), contre un peu plus de 4 dollars en Chine.

Ce pays hispanophone bénéficie également de nombreux accords commerciaux très avantageux. Il a ainsi signé quelques 44 traités tels que l’ALENA (Accord de libre-échange Nord Américain), en 1994, ou l’Alliance du Pacifique (Chili, Colombie, Mexique, Pérou) en 2012. La Chine, elle, n’en détient que 18…

Côté énergies, l’essence coûte moins chère chez les Mexicains. Le baril s’élèvait ainsi à 3,24 dollars, en 2012, contre 4,89 dollars chez son concurrent. Son gaz affiche également des prix défiants toute concurrence, à 5 dollars le million de BTU (British Thermal Unit) contre 13, 6 dollars en Chine.

L’électricité reste aussi moins chère à 11,5 dollars/kWh, contre 12 dollars de l’autre côté du Pacifique. Le pays, qui possède de nombreuses réserves de gaz de schiste, pourrait également en tirer des bénéfices dans le futur.

Cette compétitivité devrait créer 1,5 à 3,5 millions d’emplois supplémentaires dans le pays d’ici 2017. Mais l’essor du Mexique, réputé dangereux, risque toutefois d’être amoindri par son image. Et les investisseurs s’interrogent également sur ses capacités à fournir une main-d’oeuvre qualifiée et à proposer une industrie à la hauteur des enjeux technologiques de demain.

La corruption, le crime et la lenteur bureaucratique restent les trois facteurs majeurs cités par les investisseurs pour ne pas venir s’installer dans le pays. Le Mexique ne risque pas de devoir montrer tout de suite de quoi il est capable. La Chine, premier exportateur mondial, peut dormir tranquille…pour l’instant.

Latribune.fr

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