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Barack Obama et la nouvelle Amérique

Jan
2013

Nous sommes habitués à voir les USA comme le « pays numéro un », cherchant à dicter leurs propres conditions à la majorité des Etats et fixant leurs propres règles du jeu dans l’économie mondiale. Pour l’instant, ils gardent cette image. Mais correspond-t-elle à la réalité ?

Oligarchie : C’est un club très privé et tu n’en es pas membre.

La locomotive en panne

Pendant de longues années, les Etats-Unis étaient la locomotive de l’économie mondiale. Cependant, 2008 et les années qui ont suivi ont montré que quelque chose ne tournait pas rond – l’économie américaine n’a toujours pas réussi à se remettre de la crise.

Heureusement pourtant, un désastre comparable à celui de 1929 a pu être évité. La « Grande récession » qui s’est produite est pratiquement terminée mais il est encore trop tôt pour parler du rétablissement de l’économie américaine. De plus, la célèbre machine à créer des emplois vient de rendre l’âme : le taux de chômage aux Etats-Unis était de 7,8% en décembre 2012.

Une situation qui découle du fait que la majorité des producteurs américains préfèrent utiliser la main d’œuvre bon marché située en dehors du pays. Actuellement, on peut affirmer que les principaux emplois américains sont situés en Chine et d’autres pays d’Asie du Sud-Est, ainsi qu’en Amérique latine.

Pour l’instant, le rôle du dollar comme principale monnaie mondiale permet aux Américains de financer leur pays grâce aux autres Etats mais cela ne peut pas durer éternellement. Tôt ou tard, le gouvernement américain devra augmenter les impôts ou réduire les dépenses. Il faudra très probablement faire les deux.

Mais il faut reconnaître que les USA demeurent encore l’Etat numéro un à l’échelle mondiale.

Le mauvais chemin

L’une des particularités de la nation américaine, hormis son patriotisme, était l’optimisme. Si le premier reste fort le second a été perdu ces dernières années.

Près de 70% d’Américains sont convaincus que le « pays suit le mauvais chemin ». De plus, 55-60% des personnes interrogées pensent que l’âge d’or des Etats-Unis est révolu et que leurs enfants vivront dans des conditions moins favorables qu’eux. Le constat est très atypique aux Etats-Unis.

Il y a quatre ans, Obama est arrivé au pouvoir pour trouver une sortie de crise. Il a atteint certains objectifs: empêcher la « Grande récession », entamer le retrait des troupes américaines d’Irak et d’Afghanistan. Mais dans l’ensemble, les problèmes sont toujours présents. Ce qui ne contribue en rien à la foi des Américains en l’avenir.

Le facteur démographique

La démographie américaine a également évolué. Les Américains blancs représentent toujours la majorité de la population, mais elle n’est plus écrasante. D’après le recensement de 2010, les Américains blancs représentent 63,7% de la population tandis que 12,2% sont afro-américains, 16,4% sont des ressortissants d’Amérique latine et 4,8% sont asiatiques. Les Indiens, les Hawaïens et les autres nationalités représentent près de 2,5% de la population américaine.

Selon les représentants du parti républicain, Mitt Romney a perdu la présidentielle pour une seule raison : trop peu d’Hispaniques ont voté pour lui – seulement 27%. Les autres électeurs de ce groupe ont préféré donner leur vote à Obama.

Et il est évident que les Hispaniques – ainsi que les représentants d’autres communautés – ont activement soutenu Obama parce que contrairement au président actuel, les républicains n’avaient rien d’autre à proposer aux immigrants qu’un slogan sur la déportation de clandestins aux Etats-Unis.

Sachant que selon diverses informations ils représentent entre 5 et 12 millions de personnes, cette proposition est aussi offensante pour les immigrants qu’elle est impossible à mettre en œuvre.

La famille et la religion

Les Américains ont toujours accordé beaucoup d’importance aux traditions familiales mais elles traversent également une grave crise à l’heure actuelle – les jeunes préfèrent les relations libres au mariage et le nombre de mères célibataires a augmenté. Seulement 53% des Américains majeurs sont mariés.

Cet indice est même plus bas auprès des afro-américains dont seulement 30% se sont officiellement unis et chez les Hispaniques – où les traditions catholiques sont extrêmement fortes -, 47% d’enfants sont élevés par une mère célibataire. Les problèmes de grossesse chez les adolescentes et les naissances prématurées surviennent le plus souvent dans la communauté latino-américaine.

Des changements ont également été constatés dans le domaine religieux. La part du protestantisme chute fortement au sein de la société américaine et 20% d’Américains se disent athées, ce qui était mal vu il y a seulement deux décennies, notamment en province.

D’ailleurs, seule la moitié des députés du nouveau congrès sont protestants. En revanche, on compte deux musulmans, un bouddhiste, cinq orthodoxes et un athée.

Ria Novosti

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