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Dieudonné et ses adversaires sont d’accord sur un point : ils détestent les Français de souche et la France française

Mar
2015

Tribune libre de Paysan Savoyard

L’affaire Dieudonné mérite que l’on s’y arrête. Elle résulte sans doute pour partie de la volonté du gouvernement de faire diversion, afin que l’on ne s’attarde pas trop sur les mauvais résultats économiques ou le matraquage fiscal. La polémique autour de Dieudonné constitue aussi, à n’en pas douter, l’un des éléments de la communication de M. Valls qui, copiant au plus près les techniques utilisées par M. Sarkozy, a l’ambition de devenir à son tour le moment venu Président de la république.

Mais l’affaire va au-delà : elle met en évidence certaines des principales évolutions catastrophiques qui se produisent au sein de la société française.

  • Année après année l’évolution vers une forme de totalitarisme se confirme

L’affaire Dieudonné confirme tout d’abord ce que nous avons déjà signalé à plusieurs reprises : le Système ne cesse de se durcir et a entrepris depuis plusieurs années une évolution nette vers une forme de totalitarisme (voir notre article).

Plusieurs évènements l’ont encore mis en évidence ces derniers mois. On se souvient ainsi du traitement réservé aux militants anti mariage homo. Un militant avait été incarcéré plusieurs semaines alors qu’il lui était seulement reproché d’avoir participé à une manifestation pacifique mais non déclarée. Des manifestants avaient été placés en garde à vue pour avoir porté le tee-shirt de la manif pour tous en dehors du cadre des manifestations elles-mêmes.

On note de même que le régime poursuit et condamne de plus en plus régulièrement les prises de position qui ne lui conviennent pas (par exemple Jean-Marie Le Pen a été condamné fin 2014 pour des propos visant les Roms ; par exemple le magazine Valeurs actuelles vient d’être condamné pour avoir représenté une Marianne voilée, accompagnée du titre « l’invasion qu’on nous cache »).

L’affaire Dieudonné, qui est confronté à la fois à l’interdiction de ses spectacles, à des poursuites pénales pour antisémitisme et à des poursuites fiscales, est une illustration de ce durcissement à caractère totalitaire. L’attitude du pouvoir dans l’affaire Dieudonné relève ainsi d’une politique du « deux poids deux mesures » grossièrement partiale.

Le pouvoir a choisi en effet de réagir brutalement aux propos antisémites tenus par Dieudonné, considérés comme une violation de la loi (Gayssot) qui prohibe l’incitation à la haine raciale. On peut penser que l’antisémitisme (indéniable) de Dieudonné peut revêtir également une dimension anti religieuse. Or d’autres manifestations clairement anti religieuses ou racistes sont, elles, tolérées, sinon approuvées, par le régime.

C’est ainsi que le Système a laissé s’organiser sans réagir des manifestations artistiques qui visaient à insulter les convictions chrétiennes (la pièce de théâtre « Golgotha Picnic » par exemple, ou encore l’exposition de l’œuvre « Piss Christ »). S’agissant cette fois de manifestations ou de déclarations racistes, le Pouvoir reste sans réaction depuis des décennies devant les propos des rappeurs, alors que de nombreux passages de leurs compositions sont des insultes, des injures voire des menaces à l’égard des Français de souche (ainsi qu’à l’égard des institutions françaises, l’institution policière notamment, et de la société française en général).

Le pouvoir manifeste ainsi son arbitraire : réaction ferme voire brutale dans certaines situations, passivité et mansuétude dans d’autres cas pourtant similaires. La pratique constante et grossière de l’arbitraire constitue l’une des marques des régimes totalitaires. L’affaire Dieudonné permet également de constater, cela mérite d’être relevé, que les différents lobbys qui existent dans la société française n’ont pas la même puissance : par exemple le lobby catholique n’a manifestement pas le même entregent que certains autres.

 

• Les deux courants de l’immigrationnisme sont désormais entrés en confrontation

L’affaire Dieudonné met en évidence un second aspect fort intéressant : le clivage entre les deux ailes du camp immigrationniste. Les quarante années de politique immigrationniste qui viennent de s’écouler ont en effet progressivement donné naissance à deux courants au sein du camp immigrationniste et antiraciste : le premier est en quelque sorte celui de « l’immigrationnisme officiel » ; le second pourrait être qualifié « d’immigrationnisme populaire ».

Ces deux courants sont désormais nettement distincts et en viennent maintenant à s’affronter. Leur opposition porte sur quatre points : Le premier clivage est sociologique. Le premier courant, celui de « l’immigrationnisme officiel », se rencontre au sommet de la société. Il est constitué de l’élite au pouvoir (politiciens, intellectuels, médias, grand patronat…). Il est à l’origine de la création des organisations anti racistes, comme SOS racisme.

Plusieurs responsables de ces organisations ont fait carrière dans les organes du pouvoir ou dans l’appareil socialiste. Le second courant, incarné aujourd’hui par Dieudonné, est lui constitué de « gens de la rue » : les fans de Dieudonné et les auditeurs d’Alain Soral sont pour la plupart des gens du peuple ou des immigrés. Il y a un deuxième point d’opposition entre les deux courants, qui est lui d’ordre idéologique.

Le premier courant s’incarne dans les partis de gouvernement, gestionnaires du Système : Parti socialiste, Verts, le centre et la partie « modérée » de la droite. Tous partagent la même « générosité » antiraciste. Le courant qui applaudit Dieudonné se déclare au contraire hostile au système, au capitalisme, à l’Europe, à la finance, au règne du marché mondialisé.

Le troisième point de clivage est lié à la question de l’immigration elle-même. Le premier courant milite pour l’intégration dans le creuset national, sans distinction d’origine, de tous ceux qui partagent la conception républicaine de la nation. Cette conception suppose que les personnes d’origine immigrée se fassent « citoyens » et adhérent aux « valeurs de la république ».

Le second courant voit au contraire l’intégration comme une forme de racisme puisqu’elle oblige les immigrés à adhérer par exemple à « la laïcité » ou à « l’égalité hommes femmes » et à renoncer ainsi à leur culture et à une part d’eux-mêmes. Cette seconde conception, portée par Alain Soral et Dieudonné, promeut une société qui accepterait la diversité et le droit des différentes communautés de conserver leur identité.

Il est un dernier clivage, enfin, qui a servi de déclencheur ces dernières mois à la violente réaction du gouvernement dans l’affaire Dieudonné. Le premier courant de l’immigrationnisme compte dans ses rangs des représentants de la communauté juive. Tandis qu’une partie des fans de Dieudonné sont originaires de l’immigration, souvent musulmans et souvent solidaires de la cause palestinienne.

La division des deux ailes du camp immigrationniste, qui s’accentue et se manifeste spectaculairement ces derniers mois, a commencé à apparaître il y a une dizaine d’années environ. A l’origine, Dieudonné était l’une des figures du courant immigrationniste, alors uni. Il formait duo avec un autre artiste, qui lui, précisément, était juif.

Avec son compère, il fustigeait et moquait dans ses spectacles d’alors, les Français de souche, franchouillards, racistes, héritiers des colonisateurs. Il se présentait contre le Front national aux élections municipales, à Dreux. Pour des raisons obscures, Dieudonné a voulu à partir du début des années 2000 dénoncer la place selon lui considérable que les membres de la communauté juive occupent dans les lieux de pouvoir (politique, médias…), ainsi que la façon selon lui abusive dont cette communauté utilise la Shoah pour légitimer et renforcer sa présence au sommet de la société française (l’auteur de la présente tribune tient à préciser qu’il ne reprend nullement ces analyses à son compte).

A compter de ce moment Dieudonné a été banni par le Système et le courant antiraciste officiel : il est devenu « un bouffon sinistre qui ne fait plus rire depuis longtemps ». Désormais les antiracistes officiels insistent complaisamment sur l’état civil de Dieudonné, avec l’intention manifeste (et raciste) de s’en moquer : Monsieur M’Bala Bala.

Les tenants du premier courant considèrent que les agissements de Dieudonné représentent désormais un danger, notamment parce qu’une partie de ses supporters, qui sont des musulmans, mêlent antisionisme et antisémitisme. Il se trouve que ce courant de l’immigrationnisme officiel qui aujourd’hui s’inquiète, est celui qui a mis en œuvre, dirigé, organisé depuis quatre décennies la politique d’immigration massive : il en constate aujourd’hui les dégâts et en mesure les dangers. Pour notre part, nous mettrons en exergue le point suivant : Dieudonné et ses adversaires se haïssent.

Ce qu’ils ont en commun pourtant n’est pas mince : ils sont les uns et les autres immigrationnistes. Les uns et les autres, ils détestent les Français de souche et haïssent la France française.

 

• Le métissage et l’immigration créent une société multiconflictuelle et engendrent des difficultés d’identité

L’affaire Dieudonné porte encore une troisième leçon, la plus importante sans doute. Elle vient en effet illustrer cette analyse, que les contributeurs de Fdsouche s’efforcent chaque jour de mettre en évidence : l’immigration et le métissage créent les conditions d’une société d’affrontements et engendrent de graves problèmes d’identité pour les individus. Une société multiraciale et multiculturelle ne peut être qu’une société multi-conflictuelle.

C’est ainsi que, depuis maintenant des décennies, les tensions et les affrontements entre les communautés installées en France sont fréquents et violents : entre maghrébins d’une part et Gitans ou Roms d’autre part (par exemple à Perpignan en 2005, à Villefranche de Rouergue en 2010 ; à Pierrefitte en 2014) ; entre Africains et Asiatiques (par exemple à Paris en 2010) ; entre Turcs et Kurdes (par exemple à Juvisy sur Orge en 2014) ; entre Tchétchènes et Roumains (par exemple à Épinay sur Orge en 2013).

De même des tensions croissantes se manifestent entre musulmans et juifs. Il est ainsi probable que la plupart des actes antisémites sont commis par des immigrés musulmans. Des affrontements directs ont lieu régulièrement. En 2008 à Paris des juifs ont été attaqués à coups de couteau à plusieurs reprises par des jeunes immigrés.

En 2006 le jeune Halimi est torturé et assassiné. Il y a quelques semaines les attentats de Paris (17 morts) ont visé Charlie Hebdo et les Juifs. A travers ces communautés, le conflit israélo palestinien se projette sur le territoire français. Les matchs de football ont donné lieu à plusieurs reprises à des manifestations de supporters maghrébins qui se sont transformées en défilés pro palestiniens. Au moment des interventions israéliennes à Gaza, en 2009 puis en 2014, des manifestations hostiles ont été suscitées par les organisations musulmanes à Paris et en province.

L’affaire Dieudonné prend sa place dans ce contexte de tension croissante. Les organisations juives appellent à l’interdiction des spectacles. De leur côté des jeunes musulmans (à la suite du footballeur Anelka) ont affiché avec la « quenelle » leur adhésion aux thèses de Dieudonné. L’immigration, on le voit, se traduit nécessairement par la mise en place d’une société d’affrontements. Elle a une autre conséquence catastrophique : elle engendre pour les immigrés d’irréductibles difficultés d’identité.

C’est ainsi que les jeunes originaires du Maghreb sont souvent déchirés, parlant de l’Algérie ou du Maroc comme de « leur pays », alors qu’ils sont nés en France et de nationalité française. Les difficultés d’identité sont particulièrement fréquentes dans le cas des métis: à cet égard Dieudonné fournit un exemple spécialement net.

Depuis le début, malgré leur drôlerie, ses spectacles expriment la frustration et l’aigreur qui sont les siennes, la gravité du complexe d’infériorité qu’il éprouve. Alors que ses origines sont pour moitié celles d’un Français de souche et d’un Blanc, Dieudonné n’a eu de cesse au cours de sa carrière artistique que de dénoncer les Français de souche et les Blancs, endossant en totalité la cause des Noirs.

Dans un livre paru en 2011 un journaliste du Figaro, né d’un père guadeloupéen et d’une mère normande, avait exprimé la souffrance identitaire que fait naître le métissage et expliquait combien il en voulait à ses parents d’avoir choisi de composer un couple mixte. (cf cet article). L’affaire Dieudonné vient faire écho à ce témoignage.

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