Liban. Le ministre Mansour s’inquiète : Bientôt un habitant sur deux ne sera pas libanais

Juil
2013

Le ministre des Affaires étrangères Adnane Mansour lance un cri d’alarme sur le nombre croissant d(étrangers (réfugiés et immigrés).

Au début, selon le ministre des Affaires étrangères, l’État libanais n’a pas vraiment pris au sérieux ce dossier, comme s’il croyait que le nombre resterait limité. Pourtant, dans tous les coins du monde, les déplacés sont toujours une source de problèmes pour les pays d’accueil.

Aujourd’hui, le Liban compte 570 000 réfugiés syriens enregistrés auprès du UNHCR, mais le nombre total de Syriens présents au Liban s’élève à un million deux cent mille. Le 6 mars 2013, les réfugiés syriens enregistrés étaient encore 130 000 et le Liban avait demandé une réunion urgente de la Ligue arabe pour traiter ce dossier. Elle a eu lieu le 30 mars à Koweït et déjà, le nombre de réfugiés syriens avait augmenté de 50 000 en 24 jours seulement !

De plus, il a fallu leur ajouter les Palestiniens ayant fui le camp de Yarmouk en Syrie et dont le nombre est estimé à 50 000. En plus des 430 000 réfugiés palestiniens enregistrés auprès de l’Unrwa en tant que résidents au Liban, cela signifie que sur le territoire libanais, 40 % des résidents ne sont pas libanais, sans oublier les travailleurs étrangers d’autres nationalités. Ces chiffres inquiètent grandement le ministre Mansour qui estime que le problème des non-Libanais au Liban est dangereux, en raison notamment du manque de moyens disponibles et des capacités limitées de l’État, ainsi que des aides internationales insuffisantes.

Il rappelle à cet égard que seul le Koweït a versé toute sa part de l’aide aux réfugiés décidée au sommet du 30 mars. Le ministre se demande d’ailleurs comment le Liban peut traiter ce dossier, surtout dans cette atmosphère particulièrement sensible. Il ajoute que la politique de distanciation ne signifie pas que le Liban doit devenir le flanc faible de la Syrie, et il rappelle que le Liban est avec les revendications des peuples et les réformes démocratiques, mais il ne peut pas intervenir directement.

L’Orient-Le Jour