Méric : ce que Beauvau sait de l’ultradroite

Juin
2013

Une note du ministère de l’Intérieur estime les membres de l’extrême droite radicale à 3000 en France. [...]

Le décès de Clément Méric a eu l’effet d’un électrochoc. Au lendemain de l’altercation mortelle opposant ce militant antifasciste à des skinheads proches des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), Jean-Marc Ayrault promettait de «tailler en pièces ces mouvements d’inspiration fasciste et néonazie qui font tort à la République». Dans la foulée, il a confié la besogne à la Garde des sceaux, Christiane Taubira, et son homologue Manuel Valls. Depuis lors, les juristes de la Place Beauvau, s’appuyant sur une série de notes classifiées, étoffent des procédures pour tordre le cou à plusieurs groupuscules.

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La mouvance Troisième Voie, son bras armé des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) ont déjà reçu leur notification d’interdiction ayant ouvert droit à une procédure contradictoire de dix jours avant que ne tombe le couperet. [...]

Le 20 juin, c’était au tour de l’association «Envie de rêver», qui abrite leur local rue de Javel dans le XVe arrondissement, de recevoir la même lettre. Sur le papier, cette structure a pour but la «découverte de la gastronomie et du terroir». Tout un programme en forme de faux nez.

Deux autres structures sont dans le collimateur. D’abord, l’Œuvre française, une des plus vieilles formations de la droite ultra, maréchaliste et vilipendant l’influence de la «mafia juive». Les regards policiers scrutent aussi les Jeunesses nationalistes, dont la doctrine, assez voisine, est insufflée par l’esprit de Robert Brasillach. [...]

Le combat amorcé par le gouvernement s’annonce âpre. Il frise la gageure tant le terreau de l’extrême droite radicale est giboyeux. Une note de la Sous-Direction de l’information générale (Sdig), en date du 11 juin 2013 et portée à la connaissance du Figaro, dresse à ce titre un vaste panorama. Et dépeint une nébuleuse articulée en trois galaxies.

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En tête de gondole, les «identitaires» : réunis autour d’un «noyau dur» de 700 sympathisants, ils sont emmenés par le Bloc identitaire (BI), créé en avril 2003 après la dissolution du groupe Unité radicale dont l’un des membres, Maxime Brunerie avait tenté d’assassiner le président Chirac le 14 juillet 2002 lors du défilé du 14 juillet. Considéré par les services de renseignement comme le «mouvement d’extrême droite activiste le plus représentatif et le plus visible», né d’un «travail militant intensif», fondé sur une «structure aboutie, un important réseau associatif et de nombreux médias», il revendiquerait «plus de 2000 adhérents au plan national» si l’on y ajoute sa filiale «jeunesse identitaire». [...]

Le Figaro