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Europe : L'horreur des déchets plastiques drainés par le Danube jusqu'à la Mer Noire

Mai
2015

Le plus puissant fleuve d’Europe, le Danube, rejette au moins 1.500 tonnes de débris plastique dans la mer Noire chaque année. C’est ce que révèle une équipe de scientifiques autrichiens après deux ans d’échantillonnage intensif.

La plupart des débris plastiques rejetés dans le fleuve, soit environ 80 %, proviennent de sources industrielles qui fabriquent une multitude d’objets de consommation courante tel que des brosses à dents ou encore des jouets pour enfants, rappelle Aaron Lechner, chercheur à l’Université de Vienne, qui a fait équipe avec d’autres scientifiques pour s’attaquer au problème. « Il serait pourtant facile pour ces producteurs de contrôler ces déchets avant leur diffusion dans le fleuve » dit Lechner.

Même si seulement 0,01 pour cent des matériaux plastiques de production s’échappent dans l’environnement, ils finissent par créé une énorme quantité de déchets plastiques qui vont persister à le polluer pendant des milliers d’années. Ces déchets seront encore présents dans la nature les 100.000 prochaines années, rappelle-t-il, plaidant pour une réglementation urgente et beaucoup plus stricte de l’activité plastique en Europe.

Les recherches de cette équipe pour cette nouvelle étude ont été soigneusement planifié et exécuté entre 2010 et 2012. Les chercheurs ont analysé plus d’un millions de gallons d’eau du fleuve Danube à travers leurs écrans d’ordinateur après les avoir filtré via des filets à mailles fines pour tenter de quantifier et de trier la pollution plastique du fleuve.
Tout l’échantillonnage a été effectué dans le parc national Donauauen, une zone protégée du fleuve, à cheval entre Vienne et Bratislava, et qui abrite l’une des dernières zones humides majeures de l’Europe centrale.

Dans cette zone d’échantillonnage, le Danube est déjà un fleuve très puissant, il fait en moyenne 350 mètres de large et circule à une vitesse moyenne de 1,93 mètres cubes par seconde. C’est l’un des bassins fluviaux le plus international du monde, drainant environ 800.000 kilomètres carrés dans 19 pays, et arrosant plus de 81 millions de personnes.

Les échantillons ont été pris soit de jour, soit de nuit, pour obtenir une estimation précise de la vie larvaire aquatique, qui est connu pour changer au cours des cycles diurnes.

A leur grande surprise quand ils ont combiné les données des deux années d’observation, les scientifiques ont constaté plus de micro-déchets plastique que de larves de poissons dans les flux du fleuve dans la journée, et l’augmentation de la densité des larves après le crépuscule .

« Dans l’ensemble, le Danube a transporté plus de plastique en 2010 et plus d’ichthyoplancton en 2012. En outre, la biomasse moyenne en dérive des larves de poisson était inférieure à la masse de plastique dans les deux ans. » Ces débris de plastique s’écoulent dans la mer Noire à un taux d’environ 4,2 tonnes par jour.

Pour mieux mesurer l’ampleur des dégâts, chaque année, le montant total des déchets de plastiques drainés par le Danude dans la mer noire est supérieur au montant total estimé de plastique dans le tourbillon de l’Atlantique Nord, cette grande concentration océanique (appelé 6e continent) de débris flottants plastiques si décriés.

C’est une véritable soupe de plastique que les règlements des pays traversés même dans les pays dits plus «verts» par leur normes, comme l’Autriche et l’Allemagne, et bien plus faibles encore dans les pays voisins ne sont pas prés de régler.

Il appelle à un effort important pour identifier les principales sources de pollutions afin d’imposer des limites de rejets significatifs. De nombreux gouvernements européens classent en effet les déchets plastiques comme des solides filtrables, et non comme des polluants qui doivent être traités. La distinction est subtile, mais elle fait une énorme différence.

En vertu des règlements existants en Autriche, par exemple, un gros site de traitement, près de Vienne peut légalement libérer plus de 94 tonnes de plastique par an dans le Danube, c’est l’équivalent d’environ 2,7 millions de bouteilles.

Les obstacles à une nouvelle législation Européenne sur le rejet de polluant plastiques ne sont que politiques et sont soutenus par l’industrie plastique mondiale elle même.

Avec cette nouvelle étude « Le lobby plastique a été vraiment énervé« . En réponse à l’étude, l’industrie des plastiques a essayé de discréditer la science et même de publier des informations trompeuses.

« Par exemple en Autriche ils affirment que ce plastique n’est absolument pas nocif pour le fleuve, et qu’aucun produit chimique n’est rejeté dans l’environnement» rappelle le Aaron Lechner. « Nous avons même eu des problèmes avec le gouvernement, qui a également remis en question certaines de nos méthodes de recherche. »

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