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La gauche, l’immigration et le clientélisme

Mai
2013

La gauche a-t-elle renoncé à la maîtrise des flux migratoires par clientélisme ?

«Être de gauche, ce n’est pas régulariser tous les sans-papiers.» Manuel Valls l’avait promis : en matière d’immigration aussi, il ferait preuve de fermeté. «Je ne veux pas donner un signal qui engendre de faux espoirs et un appel d’air.» Mais, là encore, les actes ont démenti les discours. Beaucoup y voient un calcul politique.

«La France de la diversité est aujourd’hui la composante la plus dynamique, tant électoralement que démographiquement, de la gauche en France», affirmait la fondation Terra Nova, proche du PS, pendant la campagne électorale. Les socialistes auraient donc intérêt à cultiver cette nouvelle clientèle.

De fait, «Manuel Valls conduit une politique banalement de gauche, analyse Guillaume Larrivé, député UMP de l’Yonne. Il se refuse à réduire les flux migratoires. Il ignore aussi la dimension européenne des politiques d’immigration et n’organise aucun dialogue avec les pays d’origine. Tout le contraire de ce que nous avions engagé quand nous étions au pouvoir», poursuit Larrivé, qui a travaillé sur ces sujets au cabinet de Brice Hortefeux.

«Le ministre de l’Intérieur veut que les étrangers acquièrent plus facilement la nationalité française.

Au demeurant, la maîtrise des flux migratoires ne se résume pas aux expulsions. «Le vrai sujet, ce sont les flux d’entrées», insiste Larrivé. La France a délivré 2 311 260 visas en 2012 et 193 655 premiers titres de séjour. Or rien n’est fait pour en réduire le nombre, bien que 22 % des étrangers résidant en France soient au chômage.

En quelques mois, la gauche a rétabli la gratuité des soins pour les immigrés clandestins en supprimant le droit d’entrée (pourtant modeste) mis en place par la droite pour accéder à l’aide médicale de l’État. Elle a diminué les taxes acquittées par les ressortissants étrangers pour l’obtention de visas de long séjour. Elle a abrogé la circulaire Guéant qui réduisait l’accès au travail des étudiants étrangers. Et le gouvernement se refuse à donner des consignes de parcimonie aux consulats qui délivrent les visas. […]

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