« Notre pays doit accepter d’accueillir une partie de la misère du monde »

Tribune libre de Paysan Savoyard

Parmi les arguments utilisés par les immigrationnistes, on trouve celui-ci, qui le plus souvent fait mouche auprès des interlocuteurs : « Notre pays doit prendre sa part pour accueillir une partie de ceux qui fuient la misère et à la famine ».

Cet argument a notamment été popularisé par Michel Rocard, alors premier ministre, auteur de cet aphorisme devenu célèbre : « la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa juste part »

Nous ne sommes pas d’accord. Cette obligation morale n’existe pas. Pour les différentes raisons suivantes nous n’avons aucune obligation morale d’accueillir des immigrés, fussent-ils pauvres et miséreux.

  • Notre pays a des devoirs envers sa population avant toute chose

Le premier aspect qu’il convient de mettre en avant est le plus déterminant : notre pays, comme tout autre, a des devoirs envers sa population avant toute autre considération.

Les sociétés humaines sont bien administrées lorsque chacun se prend en charge et s’occupe d’abord des siens. Le devoir des parents est de s’occuper en première priorité de leurs enfants ; ils peuvent aussi aider les autres mais pas avant d’avoir correctement assumé leurs devoirs envers leurs enfants, assuré leur subsistance, leur éducation et les avoir préparés à construire leur avenir. Il en va de même pour les Etats. Le devoir des pouvoirs publics français et européens est d’abord de s’occuper de la situation des populations qui vivent en France et en Europe. La situation des pauvres d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique est l’affaire des gouvernements et des sociétés de ces régions et de personne d’autre.

Un Etat, en effet, n’est pas un individu. Les obligations morales qui pèsent sur un individu ne pèsent pas sur l’Etat. L’individu peut choisir d’être généreux et faire preuve de charité envers ses semblables, ainsi que le recommande l’Evangile. Il n’en est pas de même pour l’Etat. Imaginer que l’Etat a lui aussi une obligation de partage et de charité à l’égard de populations étrangères ou le condamner parce qu’il se montre « égoïste » revient à commettre un contresens sur ce qu’est la nature de l’Etat : l’Etat est une institution placée par nature au service exclusif des populations qui l’ont constitué.

  • La pauvreté résulte avant tout du dysfonctionnement des pays d’émigration

Si nous n’avons aucune obligation d’accueil c’est, deuxièmement, parce que la misère et la famine sont le plus souvent de la responsabilité même des pays dont les immigrés sont issus. Elles résultent des guerres. Elles résultent de la démographie trop importante. Elles résultent du fonctionnement des sociétés dont il s’agit sur une base ethnique (la vision ethnique de la société conduit aux guerres, à la corruption des élites au profit de leur clan, à la confiscation des ressources par les ethnies dominantes).

Il existe certes dans les pays concernés, des zones désertiques et inhospitalières qui peuvent contraindre les populations à la misère, indépendamment des comportements collectifs ou des politiques publiques suivies. Cependant les difficultés de vie des populations sont souvent liées dans ces zones à une pression démographique trop importante au regard de l’environnement et des ressources naturelles. En outre de nombreuses zones n’ont rien d’inhospitalières et sont au contraire tout à fait luxuriantes : elles n’en sont pas moins elles aussi la source d’une émigration importante (c’est le cas de certains pays d’Afrique centrale par exemple). L’immigration n’a donc rien à voir avec les conditions climatiques défavorables rencontrées dans telle ou telle région.

  • L’accueil des immigrés est un obstacle au développement des pays « pauvres »

Il nous semble, troisièmement, que l’accueil des miséreux du monde entier est en soi contre-productif du point de vue du développement des pays « pauvres ».

L’immigration conduit en effet les populations concernées à penser que la solution aux problèmes de leurs pays peut résider ailleurs que chez eux. Or la clé du développement se trouve dans les pays eux-mêmes et non dans le recours à une manne extérieure, qu’elle résulte de l’immigration, de l’aide internationale ou du tourisme international.

Nous traiterons de ce point plus en détail dans une future tribune (se reporter pour l’heure à cet article).

  • Notre « richesse » résulte de nos mérites et de notre travail

Il faut enfin affirmer que notre richesse est une conséquence de notre action et celle des générations qui nous ont précédés. Nous sommes aujourd’hui placés dans une situation qui de certains points de vue est avantageuse (richesse matérielle,  santé…). Mais ces avantages et cette richesse ne sont pas tombés du ciel : ils résultent du travail, de la créativité, des vertus morales de toutes les générations qui ont construit le pays.

Il faut aussi rejeter ce qualificatif de pays « riche » que l’on nous attribue dans le but de nous placer en position de débiteur. Pour plusieurs raisons.

Les mises en cause qui nous sont adressées par des pays « pauvres » nous paraissent tout d’abord injustifiées dans la mesure où certains de ces pays disposent de grandes richesses naturelles, richesses dont un pays comme la France est précisément dépourvu.

Il faut noter deuxièmement que la richesse du pays est une notion à considérer avec prudence. Comme nous l’expliquions dans un article précédent, le niveau de vie par habitant stagne en France depuis dix ans et la position de notre pays en termes de richesse par habitant se dégrade par rapport aux autres pays riches.

En outre la richesse globale du pays ne signifie pas que l’ensemble de la population soit aisée. Il existe en France une population de souche qui éprouve des difficultés et qui peut même se trouver en situation de pauvreté. C’est de ces pauvres dont nous devons nous occuper.

Il faut enfin noter que les processus d’enrichissement de nos pays industrialisés ont engendré différents inconvénients et difficultés (la dégradation de l’environnement notamment), qu’il nous faut maintenant traiter, ce qui aura un coût.

**

Notre pays n’a donc nullement l’obligation d’accueillir les immigrés et les pauvres des autres continents, au détriment de sa propre population. Cela ne veut pas dire que nous devons refuser toute aide : mais celle-ci doit être accordée si elle correspond à l’intérêt de notre population, dans le cadre d’un échange mutuellement avantageux.

Sachons argumenter face aux sophismes des tiers-mondistes et autres «  citoyens du monde », dont l’objectif premier est de nuire aux pays européens et à leurs populations de souche, en les désignant comme des coupables par nature et en les désarmant moralement.

Partagez cet article FacebookTwitterEmailGoogle+tumblrPinterest

Commentaires mis en avant (1)

  • Quelques éléments de réflexion complémentaires .

    La plupart des immigrés ne sont pas des misérables dans leur pays , l’immense majorité ne vient pas à la nage ou cachée dans des containers et même ceux là , souvent , payent des passeurs à prix d’or .

    Ce n’est pas le paysan déplacé , réfugié , malade et sous alimenté qui émigre , mais au contraire , qu’ils soient clandestins ou non , des urbains en bonne santé relative , possédant un pécule suffisant pour payer le voyage , les documents , etc …

    Ce n’est donc pas « la misère du monde » qui s ‘abat sur la France , celle ci n’ a aucunement les moyens de quitter son village pour se rendre à une ville reliée au monde et encore moins d’embarquer légalement ou non dans un moyen de transport intercontinental .

    Les quelques cas de ruraux qui tentent le voyage sont en général des envoyés d’une communauté qui s’est cotisée pour expédier un de ses membres , chargé d ‘envoyer ensuite de l ‘argent sur place .

    En Afrique des communautés sont spécialisées depuis toujours dans le commerce itinérant , elles ont simplement reculées les limites de leur zone d’activité jusqu’en Europe . La diaspora chinoise et ses tontines fonctionne avec un système similaire .

    En général ce sont donc plutôt les classes moyennes des pays pauvres qui émigrent , voire leur pègre , mais pas les exploités .

    Ou alors c’est que ces pays ne sont pas si pauvres que cela , puis que leurs ressortissants les plus miséreux ont de quoi payer la traversée d’un ou deux continents , les documents administratifs , vrais ou faux , les transports , l’hébergement ,la nourriture jusqu’ à une éventuelle prise en charge , souvent par la partie déjà installée de la communauté .

    Bien sûr il y a aussi des aventures individuelles plus dramatiques , mais c’est loin d’être la norme, il faut cesser de noircir le tableau , les immigrés ne sont pas ,dans l ‘ensemble , des réfugiés poussés par la guerre et la faim , ceux là restent sur place dans des camps de misère , incapables de partir faute d’argent , mais plutôt des aventuriers guidés par l ‘attrait de pays supposés riches ou la consommation est reine et l’argent facile . Celui qui émigre est déjà acculturé , urbain , sans attaches et pas toujours le plus utile ni méritant du quartier .

    Il convient de toutes façons de s’interroger sur cette notion de misère . Dans beaucoup d ‘endroits du monde la vie n’est pas facile mais elle n’est pas non plus cauchemardesque , d’ailleurs les riches s’y dépaysent en touristes et n ‘ont de cesse que d ‘en vanter le mode d vie des habitants . Quand les sociétés traditionnelles n ‘ont pas été bouleversées , les gens ont des vies simples , certes , mais plutôt harmonieuses , surtout hors des villes et à condition qu’il n’ y ait pas trop de touristes idiots justement .

    Hors des cas de guerre ou de famine , les gens n’émigrent pas par nécessité , mais par fascination pour les lumières des néons , les péta*sses de Rn’ B et les BMW vues à la télévision du village , beaucoup d’arrivants sont d’ailleurs déçus par ce mythe de l’ Occident Eldorado , entretenu par ceux qui , partis , n’admettrons jamais leur échec cinglant , car disons le , hors du crime organisé il n’ y a aucun espoir de réussite sociale authentique aujourd’hui dans le monde développé , pour ces populations et bien peu pour leur descendance , elles ne font que s’approcher de la vitrine de Noel mais n ‘entreront jamais vraiment dans la boutique , quoi que certains démagogues leur disent .

    Quelle est la vraie misère ? Vivre sobrement de la pêche dans un village côtier du Sénégal avec un pouvoir d’achat qui permet tout juste d’acheter un poste de radio par famille tous les cinq ans , ou bien se retrouver complétement acculturé dans un HLM de la Courneuve en Hiver , ses mômes camés et ultra-violents avec , au mieux un boulot de nettoyage à Rungis et le RER de six heures du mat ?

    Ce qui se passe en Afrique et surtout en Chine n’est pas nouveau pour nous autres Européens , nous sommes passés par là . Pendant plus d’un siècle et demi un gigantesque exode rural a vidé les campagnes au profit des mégapoles d’ Europe et d’ Amérique , et le surplus humain a été avalé par des guerres quasi – génocidaires . Des milliers de paysans , pauvres mais pas forcément malheureux ont quittés la terre pour le mirage du monde industriel , la plupart n’ont trouvé que Germinal , la tuberculose et les tranchées , la vraie misère ….

    Collectivement , et une fois le pus gros du bouleversement derrière nous , le bond technologique et éducatif a effectivement permis une courte période de prospérité , qui s’achève , mais à quel prix pour les individus .

    Une fois encore , la misère , le bonheur sont des notions très relatives .

Commentaires (77)