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États-Unis : Paupérisation, le «dénuement durable» s'installe

Oct
2011

Les signes d’une paupérisation croissante de la population américaine ne cessent de se multiplier. Un tiers des jeunes ménages avec enfant vit dans la pauvreté.

Ainsi, au sein des jeunes familles dont les parents ont moins de 30 ans, le taux de pauvreté a augmenté de 6 points en 5 ans, atteignant le pourcentage record de 37.3 % en 2010.

Plus globalement, le nombre de personnes de tous âges vivant dans la pauvreté est aujourd’hui de 46.2 millions, soit plus de 15 % de la population nationale.

C’est le Bureau de Recensement américain qui a révélé ses chiffres particulièrement inquiétants dans son rapport annuel sur la pauvreté aux États-Unis.

Les nouveaux pauvres vous saluent bien

Libération a fait une incursion en Floride dans la classe moyenne qui n’en finit plus de payer le prix fort de la crise économique. A Sarsota, le «Dénuement durable» s’est installé. Comme dans nombre de villes américaines qui n’ont pas réussi à faire face à la crise économique dont a été l’objet une économie qui tarde depuis à reprendre du poil de la bête.

Une ville qui est en train de voir sa classe moyenne fondre comme beurre au soleil. Pour un habitant, «L’Amérique est confronté à quelque chose qu’elle ne connaissait pas vraiment, le chômage de longue durée. Quand vous additionnez les saisies immobilières et le chômage, c’est la catastrophe.» Mais comment en est-on arrivé là ?

Question lancinante dont l’explication fuse des bouches ici comme à l’unisson : «ce sont les banques qui ont créé la crise, et c’est nous qui payons».

Et qui ont semé plus que la désolation dans les familles depuis éparpillées. Le reporter écrit : «Ici (…), c’est par une crise immobilière que tout a commencé. Avec des ménages soudainement incapables de rembourser leurs emprunts et qui se sont vus expropriés sur le champ».

Il y a des pères qui, comme Marc Luce, ont perdu dans la foulée maison, femme et enfants et sont devenus sans abri ou doivent vivre de la solidarité d’amis. Il y en a comme Dusty McCeod qui sont exaspérés. Alors, il gueule sa colère contre «un système qui a explosé et qui s’en prend maintenant à l’Américain moyen et travailleur.»

Un chef chantier de 38 ans qui passe ses nuits à se demander ce qui lui arrive et à fouiller dans ses souvenirs pour savoir en quoi il est coupable de ce qui lui arrive. Et qui le jour venu doit rentrer son honneur et sa fierté pour pouvoir trouver un repas à sa famille à L’Armée du Salut qui a vu le nombre de ses pensionnaires augmenter considérablement.

Une situation terrible donc que celle de ces «nouveaux pauvres» qui ont grossi les chiffres des Américains vivant en dessous du seuil de pauvreté qui seraient aujourd’hui dans les 42 millions. Des nouveaux pauvres qui ont essaimé un pays où «le taux de chômage reste bloqué au dessus de 9% et frappe une classe moyenne exsangue» et dont l’avenir reste incertain à en croire Bryan Pope de l’Armée du Salut.

Il fait savoir ainsi que son pays fait face à «un cercle vicieux, car c’est bien ceux qui étaient le moteur de l’économie il y a peu qui sont sur le carreau. (…) Si ça continue, il ne restera que les très riches et les très pauvres. La classe moyenne aura disparu.» En attendant, les victimes maudissent leur président Obama «trop timide pour lutter contre la crise», le gouverneur de Floride et les banques qui poursuivent les expropriations. Un vrai paradoxe au pays de l’Oncle Sam où la richesse est pourtant omniprésente.

Novopress & Le Quotidien mutations

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