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Le lent naufrage de la Protection judiciaire de la jeunesse

Fév
2013

La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), chargée des mineurs délinquants – l’éducation surveillée de jadis –, fait lentement naufrage, dans une discrétion absolue.

Le niveau de désorganisation, après des réformes menées à la hussarde, est tel que les cadres se demandent s’ils ne font finalement pas plus de mal que de bien aux jeunes qu’ils accueillent.

« On nous demande surtout qu’il n’y ait pas de remous », explique un directeur de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) qui, comme ses collègues, tient par-dessus tout à l’anonymat, parce qu’ »il y a mille représailles possibles ».

« Dans les rapports que je fais à la centrale, assure une responsable, je dois répondre que tout va bien – l’essentiel, c’est d’être de bons élèves. » Dès qu’un compte rendu est un peu alarmiste, « on me répond que c’est exagéré, que les choses se sont améliorées ».

La situation est particulièrement lourde à la direction interrégionale de Paris, qui gère l’Ile-de-France et l’outre-mer. Elle concentre un tiers des effectifs de la PJJ et la désorganisation y est totale. Les psychologues mettent de trois à quatre mois pour toucher leur salaire. « Il faut des semaines pour trouver quelqu’un qui accepte de venir travailler, surtout quand le précédent n’a pas été payé. Des fois, j’ai honte », dit un autre.

Les directeurs fatiguent. C’est évidemment vers eux que se retournent les éducateurs qui ne touchent plus leur paye. Et ils n’y peuvent rien : tout est géré par une direction interrégionale au bord de la crise de nerf.

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Merci Lilib