Rochefort : « Ils œuvrent discrètement pour les sans-papiers »

Jan
2013

[Extraits] C’est sûr, la Charente-Maritime n’explose pas les scores de l’immigration. Si elle accueille 2 % d’immigrés, c’est le bout du monde. Il n’empêche qu’à Rochefort et ailleurs, des citoyens sont vigilants au sort des étrangers, et en particulier des sans-papiers.

Ce qui nous guide, c’est l’humain et le respect de ces sans-papiers mais pas sans droits »

En toute discrétion mais avec efficacité, des Rochefortais aident des sans-papiers et œuvrent à faire respecter leurs droits.

C’est un travail de l’ombre, car les personnes engagées sont exposées, c’est pourquoi le comité anti-expulsions (CAE) n’a ni président, ni statut, ni existence officielle.

« C’est un mouvement spontané qui réunit des personnes souvent engagées dans le caritatif, l’humanitaire, le social ou la politique par ailleurs. Car ce qui nous guide, c’est l’humain et le respect de ces sans-papiers mais pas sans droits ».

Depuis 2000, le CAE a suivi une vingtaine de familles, dont certaines sont toujours en attente de régularisation.(…) D’emblée, les militants du CAE mettent les choses au point : « Un État doit savoir réguler son immigration et l’histoire montre que les pays n’ont pas su le faire au-delà d’un certain seuil, en créant des ghettos par exemple, et donc, de l’exclusion. »

Les personnes engagées au CAE constatent que la politique du droit d’asile s’est durcie depuis une trentaine d’années, « en gros depuis qu’on n’a plus besoin d’immigrés.»

« Aujourd’hui, la France considère que les immigrés, ça coûte cher. Or, c’est faux ! Des économistes montrent que si l’Europe n’accueille pas 50 millions d’immigrés, elle régressera, même au plan culturel ! »

(…) « Nous devenons de plus en plus compétents pour constituer les dossiers, déposer des recours et connaître les textes », déclarent ces militants qui se font aider d’avocats et qui travaillent en réseau avec la Cimade, le Réseau éducation sans frontières, la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty, le Comité contre la faim et pour le développement, entre autres. (…)

Le CAE ne veut pas juste poser des pansements, mais donner aux étrangers qui veulent vivre en France, droit, respect et dignité.

Sud-Ouest