Aborder de front la « surdélinquance » des jeunes issus de l’immigration

Prévention de la délinquance et des violences urbaines : selon Jean-Claude Sommaire, il faut prendre en compte la « surdélinquance des jeunes d’origine maghrébine et africaine sub-saharienne » en concevant à leur intention des interventions spécifiques en matière éducative et sociale dans le cadre d’un nouveau modèle français d’intégration n’ignorant plus le fait communautaire.

Au moment où le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’apprête à réorienter la politique de la Ville et prépare des mesures visant à mettre en oeuvre la priorité du programme présidentiel de François Hollande concernant la « jeunesse », dans un contexte budgétaire extrêmement contraignant, cette note vise à ouvrir de nouvelles pistes qui pourraient permettre à l’action publique d’être plus efficace à terme, à un moindre coût humain et financier, dans un domaine qui reste très sensible au niveau de l’opinion publique (…)

Depuis le début des années 80 notre pays connaît régulièrement, dans les quartiers en difficulté, des moments de violences urbaines auxquels les gouvernements successifs se sont efforcés, sans grand succès jusqu’à maintenant, de porter remède. Cette situation, qui ne se limite pas, loin de là, aux grands épisodes émeutiers spectaculaires et médiatisés s’est aggravée ces dernières années malgré la politique de sécurité mise en oeuvre, depuis 2002, par l’ancienne majorité.

En effet, dans tous les quartiers sensibles et au-delà, les incivilités et la petite délinquance sont restés à un niveau élevé, les incendies de voitures et de bâtiments publics ou privés n’ont pas régressé et les violences à l’égard des personnes ont augmenté.

Ces violences et cette délinquance, dont il n’est plus possible d’ignorer que les auteurs sont très souvent d’origine maghrébine et, de plus en plus, africaine sub-saharienne, témoignent de la crise du « modèle d’intégration » que notre vieille nation d’immigration s’est forgée au cours de son histoire.

Depuis de nombreuses années nous ne parvenons plus à intégrer socialement une part importante de nos jeunes compatriotes issus de nos immigrations post-coloniales. Trop souvent confrontés à l’échec scolaire et aux discriminations, beaucoup de ces jeunes se retrouvent alors dans une situation de désespérance sociale et de malaise identitaire qui contribue à nourrir ces comportements délictueux mais aussi les divers « replis communautaires » que l’on observe aujourd’hui avec de plus en plus d’inquiétude.

En effet, dans ces quartiers, parallèlement à la montée de la violence et de la délinquance, on ne peut que constater l’affirmation croissante d’un islam fondamentaliste que notre laïcité républicaine ne parvient manifestement pas à contenir. (…)

Rue 89

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