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Marseille : des subventions utilisées pour du clientélisme électoral ?

Jan
2013

L’enquête autour de plusieurs associations des quartiers Nord qui auraient été utilisées pour du clientélisme électoral connaît une forte accélération. Elle vient de se concrétiser par la mise en examen de Berthe Quéro, l’ex-assistante parlementaire du député PS Henri Jibrayel. Interrogée, elle est soupçonnée par le juge Julien Retailleau d’ « abus de confiance » et de « recel d’abus de confiance. » Selon Le Canard enchaîné et France 3, il est fort possible que l’accusation soit élargie prochainement au « détournement de fonds publics. »

L’enquête a démarré en mai avec l’audition de responsables d’associations. D’autres personnes ont été entendues en août et des perquisitions ont été réalisées, notamment dans la permanence d’Henri Jibrayel. Ces investigations ont notamment porté sur l’organisation de « mini-croisières » autour de Porquerolles, auxquelles ont participé un millier de personnes âgées qui vivent dans la circonscription du député PS.

Non content de changer d’air, elles avaient eu droit à un vaste buffet et un orchestre engagé pour l’occasion se chargeait de l’ambiance. Par ailleurs, les policiers ont creusé la piste de « petits cadeaux » reçus par des bénévoles, notamment des repas et des bouteilles de champagne. Pour les enquêteurs, qui ont passé au crible quelque 110 000 euros de subventions attribuées aux associations suspectes par le Département et la Région, ces réjouissances et ces attentions servaient à assurer la réélection d’Henri Jibrayel. À la fois présidente d’associations et assistante parlementaire jusqu’à cet automne, militante historique du Parti socialiste dans les quartiers Nord, Berthe Quéro tenait en effet un rôle central.

Défendue par Yoann Léandri, Berthe Quéro est actuellement injoignable. Toutefois, son avocat explique qu’elle conteste les faits : « Les associations qu’elle préside ont de réelles activités et elles ont obtenu des subventions tout à fait normalement, comme bien des associations. Pour elle, il n’y a pas de délit. »

Actuellement en visite officielle à Taïwan en tant que parlementaire, Henri Jibrayel s’est dit hier « étranger » à l’affaire : « Je n’ai pas été convoqué, je ne me sens pas concerné. Ces associations font des actions, je ne vois pas où il y a eu détournement de fonds. À ma connaissance, elles étaient bien gérées, avec des factures et tout. Qui plus est, Berthe Quéro s’est toujours mobilisée pour aider les autres… » Pour lui, tout ceci ne serait qu’ »une cabale » : « On me cherche des poux parce qu’on n’est pas parvenu à me faire tomber dans les urnes… »

La Provence



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