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Second Empire : Hymnes et documents (1852-1870)

Déc
2012

Hymne à Napoléon III et à son vaillant peuple (1867) par Rossini.
Dieu tout-puissant,
Ô toi, notre père,
Des cœurs français
Entends la prière !
Pendant la paix
Et pendant la guerre,
Par des succès nouveaux
Couronne nos travaux !

Daignez du haut des cieux,
Exaucer nos vœux,
Et sur tes fils pieux
Abaisser tes yeux.

Pour sa grandeur,
Pour son bonheur,
Veillez Seigneur,
Sur l’Empereur !

France, à son règne honneur !

De nos héros dans les combats,
Braves comme eux, suivons les pas !
Versons gaiement à nos soldats
L’ardent nectar et l’oubli du trépas !

Dans la bataille,
Si la mitraille
Des régiments
Eclaircit les rangs,
Lorsque la poudre
Lance la foudre
Dans le sillon,
Au bruit du canon,
Quand les blessés
Tombent pressés,
À leur secours
On risque ses jours.
Pour nos amis bat notre cœur,
Aide au vaincu, gloire au vainqueur !

Peuple à genoux !

Ô Providence,
Notre espérance,
Garde la France,
Protège-nous !
Sainte Patrie,
Arts, industrie,
A ton génie
Tout rend honneur.

Vive l’Empereur !

Hymne « officieux » du Second Empire. Composé par Hortense de Beauharnais (mère de Napoléon III) et Alexandre de Laborde vers 1807.
Napoléon III fit très souvent jouer cet air lors des bals et des défilés.
Partant pour la Syrie,
Le jeune et beau Dunois,
Allait prier Marie
De bénir ses exploits :
Faites, Reine immortelle,
Lui dit-il en partant,
Que j’aime la plus belle
Et sois le plus vaillant.

On lui doit la Victoire.
Vraiment, dit le seigneur ;
Puisque tu fais ma gloire
Je ferai ton bonheur.
De ma fille Isabelle,
Sois l’époux à l’instant,
Car elle est la plus belle,
Et toi le plus vaillant.

A l’Autel de Marie,
Ils contractent tous deux
Cette union chérie
Qui seule rend heureux.
Chacun dans la chapelle
Disait en les voyant :
Amour à la plus belle,
Honneur au plus vaillant.

Partant pour la Syrie,
Le jeune et beau Dunois,
Allait prier Marie
De bénir ses exploits :
Faites, Reine immortelle,
Lui dit-il en partant,
Que j’aime la plus belle
Et sois le plus vaillant.

● Affiche de proclamation du Second Empire à Toulouse :

affiche Second Empire toulouse
Cliquez sur l’image pour agrandir.

● Le 2 décembre 1852 d’après Viel-Castel

Le canon tonne, l’empereur entre dans Paris, élu par 7,824,189 oui contre 253,145 non. Il revient habiter aux Tuileries. […]

La France n’a jamais été républicaine, car elle est le royaume de la vanité. Il faut voir nos nouveaux seigneurs, les Baroche, les Maupas, les Persigny, quel air aristocratique, quelle affectation de morgue, et leurs femmes ! et Mme Ducos, mariée seulement depuis deux ans, qui étale autour d’elle des enfants de cinq ans.
Maupas a l’encolure d’un bel avoué chantant.
Persigny cherche ses aïeux parmi les dauphins du Viennois ! […]

Heureusement je crois l’empereur plus fort et plus raisonnable que son entourage. Il doit rire de toutes ces puériles vanités lorsqu’il contemple cette bourgeoisie qui a si longtemps glosé sur la morgue de l’aristocratie.
Les Jourdains abondent, mais où trouverons-nous un Molière ?
La Cour de la Princesse Mathilde va se former, les rivalités naissent déjà. Mme Desprès voudrait fort devenir grande dame…
Nous verrons.

Source : Mémoires du comte Horace de Viel-Castel sur le règne de Napoléon III (1851-1864), Paris, 1883, pp. 123-126 (année 1852).

● Napoléon III et Eugénie au musée des Souverains d’après Viel-Castel (11 février 1853)

L’Empereur et l’Impératrice ont visité hier le musée des Souverains et ils m’ont complimenté ainsi que Nieuwerkerke sur son arrangement. L’Impératrice a voulu qu’on lui lut la belle lettre testamentaire de Marie-Antoinette à Mme Elisabeth ; pendant cette lecture, l’Empereur s’est montré profondément recueilli et touché. Les souvenirs de Louis XVI et de Marie-Antoinette l’émeuvent toujours beaucoup. Il y avait quelque chose de triste et de saisissant l’âme, à assister à cette lecture faite devant une jeune et belle Impératrice au début de son règne, encore dans les premiers enivrements d’un bonheur presque inespéré. Les adieux de la reine empruntaient plus de solennité de l’auditoire qui les écoutait. Il y avait là un enseignement du malheur, un sanglot des temps passés, impossible à faire comprendre par un simple récit.

L’Impératrice écoutait en silence et avec des larmes dans les yeux, ces dernières paroles d’une reine prête à monter sur l’échafaud, d’une mère qui, à ce moment terrible, ne peut pas même embrasser les enfants qu’elle laisse aux mains de ses bourreaux.

Source : Mémoires du comte Horace de Viel-Castel sur le règne de Napoléon III (1851-1864), Paris, 1883, pp. 165-166 (année 1853).

● Victor Hugo vu par Viel-Castel (23 août 1854)

Le nom de Victor Hugo revient souvent sous ma plume, mais il est impossible qu’il en soit autrement. Cet homme représente la plus mauvaise fraction de la société française ; et je l’ai si bien connu, si bien suivi dans sa carrière qu’il doit m’être permis de le marquer du fer qu’il a mérité, même en faisant abstraction de sa politique.

Personne au monde n’est tout à la fois plus lâche et plus dénué que lui de sens moral. Il parle sans cesse de la famille, de la sainteté de l’intérieur, du respect dû à la mère, mais toutes ces belles prêcheries ne sont que locutions de bavardage imprimé, sa conduite privée dément son langage officiel. Il ne s’est jamais fait faute de maîtresses qu’il consacrait par sa poésie, et sa famille est composée, dans une égale proportion, d’enfants légitimes et de bâtards.

Lorsque ses deux fils étaient en prison avant le 2 décembre, il allait en compagnie de sa maîtresse dîner avec eux et leurs maîtresses. Alors poète, écrivailleurs et femmes se livraient à de telles orgies que Proudhon leur voisin de captivité a dû se plaindre plusieurs fois du bruit.

Enfin, après le 2 décembre, V. Hugo réfugié en pays étranger fait venir près de lui sa maîtresse Juliette (l’ancienne actrice de la Porte St-Martin) dont il a plusieurs enfants. A cette époque, Mme Hugo restait encore à Paris pour arranger les affaires de son mari. […]

Voilà la vie fangeuse de cet homme qui s’est réduit, au nom d’une morale qu’il outrage chaque jour, au rang des plus vils pamphlétaires. Il se meurt d’envie et d’impuissance.

Source : Mémoires du comte Horace de Viel-Castel sur le règne de Napoléon III (1851-1864), Paris, 1883, pp. 234-236 (année 1854).

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