Droit de vote des étrangers. Fatima Orsatelli : «La société n’est plus prête»

Interview de Fatima Orsatelli, conseillère régionale PACA, apparentée socialiste. Elle est née à Tifelt, près de Rabat, au Maroc, il y a 47 ans; elle est arrivée dans le sud de la France, à Caderousse, à 7 ans.

De part et d’autre, on n’est pas prêt à ce qu’une même personne ait un mandat en France et au Maroc. Il existe déjà des passerelles, on n’a pas besoin de celle-là.

Investie dans le secteur associatif de l’ «insertion», plutôt que de l’ «intégration», elle quitte la ville d’Orange lorsque celle-ci bascule à l’extrême droite. Membre active de Méda-Démocratie qui réalise notamment des projets de développement au Maroc, militante des droits des femmes dans son pays de naissance, Fatima Orsatelli est également, à Marseille, membre du Conseil régional du culte musulman et trésorière de l’association La Mosquée de Marseille. En 2010, elle devient conseillère régionale à l’invitation de Michel Vauzelle président socialiste du Conseil régional de Provence Alpes Côte d’Azur.

Je suis partisane du droit de vote des étrangers, mais j’estime que ce serait un parjure de porter une loi quand on n’a pas les moyens juridiques de la mettre en place ; parjure de continuer à dire que c’est possible quand ça ne l’est plus. La société n’est pas prête. Elle l’était il y a deux ou trois ans –même Nicolas Sarkozy était pour le droit de vote des étrangers !- mais aujourd’hui avec la cristallisation du débat sur les étrangers, le discours du FN est légitimé. Porter cette loi, ce serait jeter de l’huile sur le feu. […]

Aujourd’hui, quel sens a le droit de vote aux étrangers quand les jeunes issus de l’immigration ne votent plus ? Qu’est-ce d’autre sinon le fait d’ouvrir les vannes à un nouvel électorat, à des gens qui vont voter à gauche ? […]

Envisagez vous, à titre personnel, de pouvoir, un jour, être élue à la fois au Maroc et en France ?

Non, personnellement, avoir un double mandat ce serait aller un peu loin. La société est prête à accepter cette double liaison, au fait que l’on participe au vote et au développement politique des deux pays ; c’est normal car la migration a participé énormément en développement local au Maroc. […]

yabiladi (Merci à Vandenberghe)

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