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  • Lorsque Pascale s’engage dans le hall d’entrée, Zaoui se glisse derrière elle, l’asperge d’essence. Puis sort son briquet.

    L’infirmière est immédiatement transformée en boule de feu. Elle courre dans le couloir en hurlant de douleur. Le vacarme alerte les gardiens de l’immeuble qui, totalement désemparés, jettent des seaux d’eau sur cette torche humaine d’où emergent des cris terrifiants. Lorsque les flammes s’éteignent, Pascale est si brûlée, si défigurée, que c’est à ses chaussures que les gardiens la reconnaissent…

    Qui, aujourd’hui, se souvient de Pascale ? Pas grand monde. Sur Google.fr , le 21 décembre 2007, une recherche dans les pages francophones au sujet de « Pascale Rolet » recense 6 pages webs. Une recherche concernant « Sohane Benziane » – une jeune maghrébine qui a été brûlée vive dans un local à poubelle au cours d’une agression également atroce – en signale 4 250.

    A la mort de Sohane, un millier de personnes ont défilé pour elle dans les rues de Vitry sur Seine, où on a posé une plaque et renommé une esplanade à son nom. Pour honorer sa mémoire, En 2003, la « marche des femmes », qui a abouti à la création de l’organisation « ni putes, ni soumises » a pris Vitry sur Seine comme point de départ. On a aussi baptisé un centre d’animation après Sohane Benziane dans le quinzième arrondissement de Paris. Le procès de l’agresseur de Sohane Benziane a donné lieu à un immense tapage médiatique.

    Il est impossible de savoir si l’agresseur de Pascale a été jugé pour son crime. Il n’y a pas eu de marche pour elle, pas de tonitruante manifestation de sympathie. Française, tuée par un arabe, vraisemblablement de confession musulmane, à quelques heures de Noël, sa mort était trop embarrassante pour trop de monde. Elle était surtout trop comme la majorité d’entre nous et à cause de cela, elle a été exclue de notre mémoire collective. Une recherche dans Google, simplement, en témoigne.

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