Mini-dossier : les « médiateurs de nuit »

Août
2012

Tous les extraits + toutes les photos sont sourcés.
———————————————————–

Votre voisin écoute sa musique trop fort ? Des regroupements dans vos halls ou sur l’espace public vous empêchent de dormir ? Des querelles de voisinage vous gênent ou vous inquiètent ? Un de vos voisins vous semble isolé ou en détresse ? N’hésitez pas, faites appel aux correspondants de nuit… source

Médiateur de nuits, correspondants de nuits, correspondants de médiation nocturne… Ils portent différents noms selon les communes. Ils ne sont ni policiers, ni représentants de la justice. Leur job consiste à déambuler dans les rues de la ville, à la nuit tombée, pour rassurer la population, échanger et résoudre les problèmes de la vie quotidienne. source

« La présence des correspondants de nuit est perçue comme reliée au sentiment d’insécurité des habitants des quartiers sensibles. C’est le fondement de la volonté d’intervention des pouvoirs publics : il faut rassurer les habitants. » source


Image et légende non modifiées

Par une présence de proximité, on cherche à recréer du lien social entre les habitants, entre les générations, entre les cultures et avec les institutions publiques.

« Recréer du lien social entre les habitants, entre les cultures.»

Concrètement, ces correspondants peuvent signaler un problème technique dans une montée d’escalier, se déplacer en cas de conflit de voisinage ou intervenir pour demander à un groupe de jeunes trop bruyants de se déplacer. Source

« Le but, c’est de faire baisser le sentiment d’insécurité.» source

Les troubles du voisinage et la présence de groupes de jeunes dans les espaces communs, publics, surtout s’ils sont d’origine étrangère, représentent majoritairement les faits qui causent un sentiment d’insécurité. La plupart de ces problèmes sont souvent liés à un défaut de communication entre voisins, entre groupes intergénérationnels, à des représentations différentes qui créent des distances d’incompréhension. source

La plupart de ces problèmes sont liés à des « représentations différentes» qui créent des « distances d’incompréhension ».

[ci dessus : guillemets rajoutés par Fdesouche - Novlangue inside]

—————————-

A Arcueil par exemple, on constate « un délitement du lien social, la montée des incivilités, l’instauration de rapports de force, le recul du respect et des solidarités, les sentiments d’insécurité et l’impression pour certains habitants d’être abandonnés par les pouvoirs publics ». La Ville a donc décidé « de se donner les moyens de créer des conditions d’un mieux vivre ensemble». Source

« Leur mission : proner une pédagogie du respect des habitants et de l’environnement de vie »

Les personnes en difficulté sociale éprouvent un ressentiment qui ne les pousse pas à la générosité et qui induit une attitude défensive par un rejet de la nouveauté, du pluralisme, de la différence. Traiter l’insécurité sociale est difficile à court terme. Alors, s’occuper de l’insécurité civile permettrait d’apporter des réponses qui peuvent donner plus rapidement une impression d’efficacité. Ce sentiment d’insécurité est censé être apaisé par l’action des correspondants de nuit. source

« On nous respecte car nous ne sommes pas des policiers. Quand la police arrive dans la rue, soit tout le monde part en courant, soit c’est l’attroupement et ça peut vite mal tourner. » source

————————-

Le médiateur de nuit est mobile et disponible. Au cours de ses déambulations, il assure une présence dissuasive, rassurante – source.

Exemples collectés par Fdesouche:

– Grigny (91) : un bus est incendié alors qu’il était escorté par trois médiateurs de nuit. source

• le 27/08/2012, trois médiateurs de nuit ont été agressés dimanche soir, vers 23 heures à la Grande-Borne à Grigny. Six individus encagoulés se sont alors approchés et avec six marteaux ont brisé les vitres de leur voiture. Ils les ont aspergés de gaz lacrymogène avant de prendre la fuite. Source

• 03/07/2012 : une agression d’une rare violence, a traumatisé la petite équipe des quatorze correspondants de nuit qui veillent depuis un an sur un secteur difficile, des XVIIIe, XIXe et Xe arrondissements. (…) Le contact avec les habitants et les jeunes passait pourtant bien. Source

• 21 avril 2012 – Roman sur Isère : Parmi les agresseurs, trois sont des correspondants de nuit sous contrat avec la ville de Romans. Source

—————-

Retrouvons l’équipe des médiateurs de Grigny-II. Diénéba Sacko, Idrissa Konte, Aboubakar Sakanoko et Jonas Tienan portent des imperméables bleus. Mostefa Bensmili, leur responsable, est présent au moment de la prise de service.

« Notre intervention est appréciée et mieux comprise que celle de la police », estime Mohamed Abbas, médiateur de nuit depuis 2009. Source

Lorsqu’on interroge les médiateurs sur l’utilité de leur mission, certains expriment un sentiment de frustration : « on sent bien qu’on n’a pas tous les outils pour apporter des réponses plus concrètes » dit Honoré. Source

Les médiateurs de nuit se rencontrent lors de colloques, d’où émergent des informations d’une grande nouveauté :

Les médiateurs peuvent parfois intervenir sur des territoires qui ne leur sont pas acquis, voire qui leur sont hostiles. C’est le cas dans certaines cités, où leur présence peut être mal perçue par une population jeune. Lire

—————————

En juin 2011, Mathieu Hanotin, vice-président PS du conseil général de la Seine-Saint-Denis, veut plus que des médiateurs. Il demande « des actes concrets et pas seulement des médiateurs de nuit que l’on met en danger sur un territoire en souffrance » car face à « un climat sécuritaire dégradé depuis plusieurs années, les réponses de l’État et de la municipalité ont souvent été inadaptées voire inefficaces ».

Il émet des doutes sur le dispositif des médiateurs « s’il n’est pas complété par une véritable stratégie concernant la sécurité, définie par l’État et la municipalité », qui doivent selon lui « sortir de la communication et des effets paillettes ». source

Mathieu Hanotin, vice-président PS du conseil général de la Seine-Saint-Denis, émet des doutes sur le dispositif des médiateurs. « L’État et la municipalité doivent sortir de la communication et des effets paillettes »

————————-

source image
Image de prévisualisation YouTube