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Mort inexpliquée d’une Française qui se battait pour revoir sa fille enlevée par le père, un prince saoudien

Août
2012

Candice Cohen-Ahnine est morte sans avoir pu revoir sa petite Haya. La Française de 35 ans qui se battait pour la garde de sa fille de 11 ans, enlevée en 2008 par son père saoudien, est décédée jeudi dans «des circonstances troubles» à son domicile parisien. Une autopsie doit être pratiquée et une enquête va être prochainement ouverte, précisent les éditions de l’Archipel, qui avaient publié son livre Rendez-moi ma fille !

(…) L’histoire remonte au milieu des années 90. En vacances à Londres, la jeune femme de confession juive rencontre Sattam bin Khaled bin Nasser al-Saoud, qui appartient à la branche cadette de la famille du fondateur du royaume. Ils tombent amoureux. Les deux amants se voient au détour des voyages d’affaires de Sattam. En 2001, le couple donne naissance en France à la petite Haya. Mère et fille vivent confortablement dans l’Hexagone, soutenues financièrement par le prince saoudien. Mais la relation s’envenime. Sattam lui apprend qu’il doit se marier avec une de ses «cousines» et Candice Cohen-Hanine rompt en 2006.

Sous la pression de Sattam, désireux de revoir sa fille, la jeune Française se rend à Riyad en septembre 2008. C’est là que le cauchemar commence : la jeune mère se fait confisquer son passeport et est emprisonnée dans un palais de la ville. Sa fille lui est enlevée. «J’ai subi des sévices physiques et psychologiques. Je n’avais rien. Pas même accès à de l’eau potable, avait-elle confié au Figaro. J’ai pu m’échapper une première fois. J’étais seule, sans argent, sans papier. J’ai cru trouver de l’aide à l’ambassade de France. Mais la consule m’a conseillé de retourner au palais. Ce que j’ai fait. Et j’ai passé plus de sept mois enfermée».

Candice s’évade une seconde fois. Elle réussit même à avoir un droit de visite, quelques minutes une fois par semaine, pour voir sa petite Haya. Mais sa vie est en danger : accusée – à tort – d’être une ancienne musulmane convertie au judaïsme, elle risque la peine de mort. Cette fois, le Quai d’Orsay intervient et en juin 2009 elle est exfiltrée. Mais sans sa fille. C’est le début d’un long combat, qui aboutira en octobre 2011 à la publication d’un livre pour «porter à la connaissance de tous» son histoire.

Le Figaro

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Mort de Candice Cohen-Ahnine : la piste accidentelle privilégiée pour le Parquet

La piste accidentelle est privilégiée dans le cadre de l’enquête sur la mort jeudi soir à Paris de Candice Cohen-Ahnine, auteur du livre à succès « Rendez-moi ma fille« , a-t-on appris samedi auprès du Parquet de Paris. Une autopsie a été ordonnée pour déterminer les causes exactes de la mort.

D’après le parquet, cette femme âgée de 35 ans aurait fait une chute depuis le balcon de son appartement dans le VIIIe arrondissement jeudi soir. Le commissariat de l’arrondissement a été saisi de l’enquête.

Co-auteur du livre paru en 2011, Jean-Claude Elfassi a annoncé sur son blog le décès dans des « circonstances troubles » de Candice-Cohen-Ahnine. Il fait également état de « regrets d’avoir fait confiance à nos institutions qui nous laissaient espérer un dénouement proche alors que rien n’avançait, des regrets de ne pas l’avoir protégée plus contre certains individus malfaisants de son entourage, des regrets de ne pas avoir été là avant son ‘accident’« . (…)

Nouvel Obs