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Goldman Sachs : « En France, il faut baisser les salaires d'un tiers »

Fév
2013

Goldman Sachs est une banque d’affaires américaine. En 2012, son bénéfice net a doublé pour atteindre 7,2 milliards de dollars. Pour fêter ça, ses 12 dirigeants se sont octroyés plus de 100 millions de dollars de bonus en actions.

Cette banque a par ailleurs été souvent décriée pour des pratiques plus que douteuses. Dernier épisode en date : le 13 janvier, la banque centrale américaine annonçait que Goldman Sachs allait devoir verser des centaines de millions de dollars de dédommagements, suite à un gigantesque scandale de saisies immobilières irrégulières aux États-Unis.

De passage à Paris cette semaine, les brillants économistes de Goldman Sachs sont venus prêcher leur vision du monde. Le chef économiste de la banque pour l’Europe, Huw Pill, a déclaré pour répondre à la question : « Une recette miracle pour François Hollande ? »

« Il faudrait déplacer l’emprise de l’État vers le secteur privé. Ensuite, il faudrait s’appuyer sur une baisse des salaires générale, afin de regagner de la compétitivité. On estime que la France devrait réduire sa moyenne salariale d’environ un tiers, ce qui est politiquement impossible à imposer… »

Alors que même le FMI vient de reconnaître que, oups, il avait fait une erreur de calcul, et que plus de rigueur n’est pas la solution, chez Goldman Sachs on persiste et signe. Et tant pis si ça n’a fait qu’empirer en Espagne ou en Grèce.

Sachant que le salaire moyen des Français est de 1606 EUR net par mois, selon les derniers chiffres de l’INSEE, Monsieur Huw Pill a donc une solution à la crise : le salaire moyen en France doit tomber à 1060 euros net !

On se frotte les yeux. Le projet de Goldman Sachs pour la France est simplissime : les Français, en moyenne doivent gagner moins que le Smic !

Monsieur Huw Pill n’envisage pas une seconde que cela puisse provoquer un effondrement de la consommation, une chute des recettes de l’État et une explosion de la pauvreté. Non, et peut-être n’en a t-il rien à faire dans le fond. Son plan à lui c’est  : « Français, devenez Grecs et tout ira mieux ! Vous Grecs, devenez chinois. Et vous Chinois, restez esclaves. » Étudiants du monde entier, retenez bien le nouveau théorème de Pill.

On ne lit pas que des choses sensées en économie. Parfois même des énormités. Mais là, en deux phrases, le chef économiste Europe de Goldman Sachs a décidé d’éliminer toute concurrence.

Monsieur Huw Pill, vous êtes tout simplement devenu le type le plus bête d’Europe. Et pour rendre hommage à votre employeur, je propose qu’en matière d’économie, on remplace désormais le célèbre point Godwin par le point Goldman : ce moment où, dans une discussion, on en arrive dire que, mais si ! bien sûr, « avec plus de pauvres, on se fera plus de fric ».

La Dépêche

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