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La faillite de la Grèce désormais officielle

Déc
2010

Nouriel Roubini persiste et signe. Après avoir mis en garde la France sur le dérapage de ses finances publiques le mois dernier, le célèbre économiste a récidivé dans une interview accordée au Monde : « Un jour, les marchés se réveillent et il est trop tard ». Un constat valable pour toute l’Europe ?

Il y a d’abord eu l’Islande, puis la Grèce et la Hongrie. Et enfin l’Irlande. Malheureusement, le rouleau compresseur n’est pas près de s’arrêter en Europe et l’Espagne est dans la ligne de mire des investisseurs. Ainsi, l’agence Moody’s vient de publier un rapport annonçant que les banques espagnoles sont confrontées à des besoins de recapitalisation de l’ordre de 17 milliards d’euros.

Que se passera-t-il ? Le gouvernement espagnol, dont les comptes sont déjà plombés, empruntera pour refinancer ses banques. Trop cher sur les marchés, cet emprunt se fera auprès de la Banque centrale européenne, dont les rachats de dettes souveraines atteignent des records depuis le mois de juillet […].

Mais confrontée elle aussi à des besoins de financement, la BCE « envisagerait de doubler son capital […], des pertes potentielles liées aux achats d’obligations depuis mai suscitant des inquiétudes », observe L’Agefi.

Deux points à ce sujet : d’une part, cette augmentation de capital serait apportée par les Etats européens, ce qui ne fera qu’accroître leur déficit ; d’autre part, les craintes autour des pertes potentielles sont plus que légitimes.

En effet, la date butoir du remboursement du prêt grec, fixée initialement en 2015, devrait être repoussée, au mieux, en… 2024 ! Idem en Islande, où l’accord concernant le remboursement des créanciers de la banque Icesave, qui a fait faillite, vient d’être décidé : finalement, le pays ne remboursera pas tout !

« On aurait dû rééchelonner au moment de la Grèce », déplore Philippe Herlin, chercheur en finance. Et de poursuivre : « Il y aurait eu des pertes pour les banques mais, ensuite, elles auraient été plus prudentes ».

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une seule solution : la rigueur budgétaire. La Hongrie a opté pour un choix radical, en autorisant le gouvernement à prélever jusqu’à 10,5 milliards d’euros dans les caisses des fonds de pension !

En sera-t-il de même l’année prochaine en France ?

MoneyWeek

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