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La BCE se lance dans le Quantitative Easing illimité

Déc
2010

Ceux qui trouvent rassurant que la BCE ait décidé de se lancer, à la suite de la Federal Reserve US, dans le Quantitative Easing illimité (comme vient de l’expliquer J.C. Trichet) pour soi-disant tenter d’éviter l’effondrement de la zone euro ont tort.

Parce que, non seulement, cela n’empêchera pas l’incendie des défauts de paiement virtuels ou réels de se propager au Portugal, puis à l’Espagne, à l’Italie et autres dont les niveaux d’endettement sont insupportables, mais encore, parce que les dizaines de milliards d’euros supplémentaires créés ex nihilo pour que la BCE achète toutes les obligations d’État des PIIGS (sans compter leurs dettes bancaires) ne manqueront pas de provoquer une forte chute de l’euro, donc une fuite des capitaux étrangers encore placés dans la monnaie unique européenne.

Sans compter le risque d’inflation monétaire majeure que cette politique monétaire ultra laxiste européenne induira. Ce qui, à un certain moment, conduira l’Allemagne à sortir de l’euro parce qu’elle n’acceptera pas de se retrouver dans une situation du type République de Weimar, du fait de l’irresponsabilité des autres États-membres de l’euro zone comme de la Banque centrale européenne.

La BCE ne peut pas pratiquer la même politique monétaire de QE massif à laquelle vient de se livrer la Federal Reserve US parce que l’euro, contrairement au dollar US, ne jouit pas du statut de monnaie mondiale et qu’il n’est pas supporté par la Chine et autres pays émergents qui sont contraints -en toutes circonstances- de soutenir le dollar US, monnaie dans laquelle ils détiennent près de 70% de leurs réserves de change.

Il n’y a pas d’autre solution pour l’euro zone que d’organiser le défaut ordonné (restructuration) des dettes de ses États-membres comme de laisser ceux qui ne pourront jamais revenir aux critères de Maastricht et autres pactes ou traités européens reconstituer leurs monnaies nationales d’antan pour les dévaluer et ainsi rétablir leur compétitivité, quitte à ce qu’ils conservent l’euro comme monnaie commune et non plus unique (ce qui sauverait les apparences).

Faute de quoi, la zone euro entrera dans une récession économique prolongée avec un chômage de masse et une paupérisation croissante de ses populations, par suite des politiques de rigueur extrême que ses États-membres devront mettre en place pour des années comme contrepartie des financements qu’ils auront reçus des États encore préservés et du FMI (à l’instar de la Grèce, de l’Irlande ou de l’Islande).

Et la décadence européenne entrera dans une spirale sans fin. L’entêtement irresponsable des dirigeants européens à maintenir contre vents et marées une monnaie unique qui ne convient à aucun de leurs pays aurait alors raison de l’Union européenne elle-même qui ne pourra pas subsister si le maintien de ladite monnaie conduit presque tout le continent à la dépression. A l’opposé, en finir avec l’euro de façon ordonnée ne tuerait pas l’UE mais la sauverait.

Forum Monétaire

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