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Hu Jintao fossoyeur du made in France

Nov
2010

Le Président Hu Jintao – qui s’est vu dérouler le tapis rouge – a quitté les terres françaises. Cette visite d’État révèle la toute-puissance de la Chine. Peut-on se permettre de tourner le dos à cet empire qui pourtant ne concourt pas à la défense de nos intérêts nationaux ?

Il est parti. Ouf ! Les Parisiens et les Niçois peuvent reprendre une vie normale. Mais au-delà des embouteillages et des caprices de la « star », la visite du Président Chinois est la démonstration parfaite de la toute-puissance de la Chine. Une toute-puissance que vient de couronner le magazine Forbes, qui affirme aujourd’hui que le nouvel homme le plus puissant de la planète n’est plus Barack Obama, mais Hu Jintao, justement.

Sa visite en France aura donc été placée sous le double signe de la brosse à reluire et du carnet de chèque. Sous le signe de la brosse à reluire, tout d’abord, avec un accueil somptuaire, des déclarations dithyrambiques sur l’amitié indéfectible entre la France et la Chine (alors que ces deux pays sont en froid depuis 2008), de « vraies convergences » sur certains sujets (notamment ceux que seront abordés lors du prochain G20), des partenariats aux bénéfices réciproques… Le pays des Bisounours, quoi !

Sous le signe du carnet de chèque, ensuite. Avec des milliards de commandes passés par la Chine à des entreprises françaises. 20 milliards pour être plus précis. Enfin, en dollars, parce qu’en euros, ça n’en fait déjà plus qu’une quinzaine. Mais surtout, ces pseudos contrats signés ne sont souvent que de vieux contrats ressortis pour l’occasion, et officialisés durant cette visite pour faire joli dans le décor.

Prenons le cas d’Airbus : une commande de 102 appareils, là où l’avionneur européen en espérait 160. Et dont 1/3 n’est que la confirmation d’un contrat signé en… 2007. Et enfin, ce « contrat » de 14 milliards de dollars, il est pour l’Europe, pas que pour la France !

Pour Areva, l’entreprise s’est vu confirmer la fourniture au cours des dix prochaines années de 20 000 tonnes d’uranium au groupe d’électricité chinois CGNPC. Il s’agit d’un contrat d’environ 3,5 milliards de dollars mais, là encore, il ne fait que remplacer un précédent accord remontant à 2007. En outre, le géant du nucléaire n’a pas obtenu plus qu’un « accord de coopération » pour la construction en Chine d’une usine de retraitement de type la Hague et n’a pas décroché la commande espérée de deux réacteurs EPR.

Quant à Total, le groupe pétrolier français a signé une simple « lettre d’intention » pour la construction en Mongolie intérieure d’une usine de transformation du charbon en produits pétrochimiques. Première étape avant les études de faisabilité d’un projet estimé entre 2 et 3 milliards d’euros.

Alcatel-Lucent a été plus gâté. L’équipementier télécom a transformé en contrat, d’une valeur de 1,1 milliard de dollars, des accords conclus avec des opérateurs chinois de téléphonie mobile.

Enfin, le Président Chinois n’a donné à PSA que « l’espoir » d’être enfin autorisé à construire une seconde usine automobile en Chine.

Si le bilan réel est donc un peu moins beau que celui affiché, la véritable question à poser est : « Quelles sont les conditions posées par la Chine pour l’achat des Airbus ? ».

Vraisemblablement, les avions seront fabriqués dans des usines chinoises, détenues à 50 % par des Chinois, avec bien sûr transfert des technologies. Des Chinois qui n’auront ensuite plus qu’à se baisser pour récupérer à peu de frais tous les éléments nécessaires à la construction des futurs avions Chinois qui concurrenceront Airbus dans le monde (Cf. l’exemple des TGV – merci Siemens) ! Un vrai marché de dupes.

Surtout lorsqu’on lit, dans les déclarations officielles Franco-Chinoises : « Les deux parties soulignent leur volonté de construire des relations économiques et commerciales plus étroites, durables et innovantes, dans le respect du principe de bénéfice réciproque et de développement commun » !!!

Ne me dites pas qu’Hu Jintao a réussi à faire gober ça à Nicolas Sarkozy, quand même ! Doit-on lui rappeler notre déficit commercial avec la Chine qui croît et embellit chaque année (22 milliards, soit quatre fois plus qu’il y a 9 ans !), doit-on lui rappeler notre désindustrialisation massive (- 600 000 emplois en 10 ans), dont une partie au moins est imputable à la Chine ?

Alors, commercer avec la Chine, oui, mais pas à n’importe quel prix. Il y a effectivement des opportunités à saisir pour quelques entreprises françaises. Notamment grâce à l’image que peuvent véhiculer certains produits « Made in France » aux yeux des nouveaux millionnaires et milliardaires Chinois, prêts à acheter tout un tas de produits fabriqués en France et ailleurs pour étaler leur richesse.

Mais accepter des transferts de technologies, pour ensuite être concurrencé dans le monde par des entreprises chinoises, c’est scier la branche sur laquelle la France est assise !

Et en plus, aujourd’hui, on crée en France, à Châteauroux, une Zone d’Activités spécialement dédiée à l’assemblage de produits fabriqués en Chine. C’est-à-dire ? Assembler deux ou trois pièces, puis coller les étiquettes des marques sous lesquelles nous seront vendus les produits ? Avec la mention « Made in France », aussi, non ?

Eh oui, c’est tout à fait possible puisqu’il suffit que 45 % de la valeur ajoutée soit produite en France pour pouvoir l’afficher. Et compte tenu de la différence de salaires entre la France et la Chine, c’est vite fait !

Attention, cela commence vraiment à sentir la suprématie chinoise absolue, celle devant laquelle on fait des courbettes, avant de finir à genoux !

Hexaconso (via Marianne2)

(Merci à O.C.)

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