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« Une bonne partie » des clandestins de Lampedusa sont des prisonniers tunisiens évadés

Juin
2011

Alors que la vague de l’émigration clandestine vers «l’Eldorado européen», via l’île de Lampedusa, semble faiblir, les parents des «harragas», inconsolables et déprimés, sont les premiers à en payer les frais. L’attente de nouvelles de leur progéniture frise le désespoir et le cauchemar. Les mères en sont les plus touchées.

[…] A la cité Ezzouhour, connue pour être l’un des quartiers les plus «exportateurs» d’émigrants clandestins vers l’Europe, le cauchemar est quotidien. En effet, on ne compte plus les tristes nouvelles, celles notamment de ces cercueils ramenant les cadavres de jeunes Tunisiens qui ont péri soit en mer, soit à Lampedusa, soit dans d’autres villes de la péninsule. Tel le cas de feu Riadh (21 ans) dont l’embarcation a fait naufrage, avec à son bord quelque 150 personnes. «Deux mois sont passés depuis sa disparition tragique, mais je continue à le pleurer tous les jours», lance sa mère Essia (59 ans). Sa voisine Fethia (46 ans) a eu, elle aussi, sa part de tragédie, son fils Ali (19 ans à peine) ayant été abattu d’une balle à la tête suite à une bagarre dans un bar italien, un mois seulement après son arrivée dans la ville de Como, via Lampedusa. «J’ai dû, déplore-t-elle, souffrir le martyre pour rapatrier le corps de mon fils et l’enterrer dans le cimetière de la famille». Elle l’a dit, en écrasant péniblement une larme, tellement le souvenir est cauchemardesque. «SVP, intervient son mari, inutile de continuer à remuer le couteau dans la plaie». […]

[…] Toujours selon les témoignages recueillis, il s’est avéré qu’une bonne partie de nos émigrants clandestins qui ont rallié l’île de Lampedusa se sont évadés des prisons tunisiennes au lendemain de la révolution. Si certains d’entre eux, repentis malgré eux, ont capitulé en rentrant au pays, le reste — c’est-à-dire la majorité — hésite encore à le faire, préférant l’aventure et les tentations à un «come-back». A ce sujet, des parents de ces fugitifs ont lancé un appel émouvant aux autorités pénitentiaires du pays «afin de laisser la porte ouverte à une régularisation clémente des cas des évadés errant encore en Europe, particulièrement en Italie», affirmant au passage que «nos progénitures sont prêtes à s’assagir et à faire table rase de leur passé judiciaire pour redevenir d’honnêtes citoyens…»

En attendant que cette «énigme» soit élucidée, il est réconfortant d’apprendre la baisse progressive de la vague de l’émigration clandestine vers Lampedusa. En effet, nous sommes loin, très loin du pic atteint aux mois de janvier, février et mars et qui a été d’une ampleur sans précédent (20.000). Cette baisse est due à l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays d’une part, et au verrouillage de nos frontières maritimes où les descentes de la garde côtière ont redoublé d’efficacité et de vigilance, d’autre part. Chiffres à l’appui, on a dernièrement enregistré en l’espace de trois semaines seulement, l’arrestation de quelque 650 clandestins en instance de départ, particulièrement sur les côtes de Sfax, Zarzis, Djerba, Mahdia, Nabeul, Bizerte et La Goulette.

La Presse de Tunisie

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