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Sandrine Mazetier (PS) : «Nous refusons l’appellation ‘immigration choisie’, qui laisse croire qu’une partie est donc ‘subie’»

Avr
2011

Députée de Paris, Sandrine Mazetier est secrétaire nationale à l’immigration au sein du Parti socialiste. Elle fustige un «concours de démagogie» entre Sarkozy et Berlusconi au sujet des migrants tunisiens. Elle défend par ailleurs la vision de son parti sur l’immigration.

Oui, il y a une question économique de l’immigration, qui est nécessaire, même si ce sujet est un impensé en France, et surtout à droite.

Nicolas Sarkozy envisage une réforme de l’espace Schengen pour faire face à l’arrivée de migrants venant notamment de Tunisie…

Il faut d’abord ramener le sujet dans des proportions qu’il n’aurait jamais dû quitter. Je vous rappelle qu’en janvier, Nicolas Sarkozy a justifié publiquement le remaniement gouvernemental en brandissant le risque de flux migratoires « incontrôlables » à l’issue des révolutions arabes. Depuis janvier, il y a eu autour de 20 000 migrants, ce qui est très peu à l’échelle européenne.

Que proposerait le PS à sa place ?

Nous sommes pour le respect de l’Etat de droit dans l’accueil de ces personnes. Il existe une directive européenne de protection temporaire, qui a été créée pendant la guerre des Balkans, et qui prévoit, dans des circonstances exceptionnelles, un accueil solidaire au sein de l’UE de populations fuyant des troubles. Cet accueil est alors mutualisé, et temporaire. On examine ensuite les situations des personnes et on organise leur retour si possible. Nous proposons simplement d’appliquer cette directive.

Quel programme propose le PS sur l’immigration ? Vous évoquez une régularisation ciblée des sans-papiers, sur des critères précis…

Nous sommes en général pour des règles et pour la régulation. La droite a créé une foule de personnes en situation irrégulière. Nous ne proposons pas de régularisation large, mais une régularisation sur des critères extrêmement précis : la durée de présence sur le territoire, le fait d’avoir un travail, la scolarisation des enfants et un casier judiciaire vierge. [|…]

Le Monde