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« Pour les Japonais, partir revient à abandonner son pays »

Mar
2011

Témoignage – Depuis deux ans, Anne-Laure, une Française de 35 ans, vivait à Tokyo y menant « une vie à la japonaise ». Face à l’ampleur de la catastrophe, elle est repartie en France. A contre-coeur et culpabilisant. [...]

« Malgré la situation, la majorité des entreprises fonctionnent, les enfants vont à l’école, les magasins sont ouverts, raconte-t-elle. Arrêter de travailler est inconcevable pour un Japonais, cela revient à arrêter l’économie, et là, que deviendrait le pays ? » Une mentalité différente qui explique aussi que peu de Japonais, du moins parmi les amis d’Anne-Laure, quittent Tokyo. « L’un d’eux m’a ainsi expliqué qu’il était de son devoir de rester pour aider à reconstruire son pays, dit-elle. Partir, c’est abandonner. Je pense d’ailleurs que certains de mes amis se sentent trahis que je sois partie… »

Selon elle, les Japonais sont très nationalistes, très fatalistes. Ils ont également beaucoup confiance en leur gouvernement. Une confiance quasi aveugle. « On leur dit que tout va s’arranger, donc ils y croient », témoigne Anne-Laure. [...]

Dès qu’elle le pourra, Anne-Laure repartira à Tokyo pour récupérer ses affaires. Elle ne pense pas qu’elle y restera. « Ce n’est pas à cause de la menace du nucléaire, dit-elle. Je ne veux pas prendre le travail d’un Japonais, je préfère laisser ma place à quelqu’un qui est obligé d’y être pour nourrir sa famille. »

TF1



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