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L'économie américaine n'a pas retenu grand-chose de la crise

Mai
2010

La croissance du produit intérieur brut (PIB) américain est bien moins alléchante qu’elle n’y paraît. En effet, les variations de stock compteraient pour moitié dans la progression de 3,2% enregistrée au premier trimestre, en glissement annuel. Cela signifie que la hausse réelle n’a été que de 1,6%, soit un peu moins que le trimestre précédent.

Plus inquiétant, la consommation a augmenté plus vite que le revenu disponible des ménages, réduisant le taux d’épargne. Dans le même temps, les importations ont gonflé à un rythme plus soutenu que les exportations, faisant grimper le déficit commercial. L’économie américaine semble basculer à nouveau vers les déséquilibres structurels qu’elle a connus entre 2002 et 2007. Pour reprendre la célèbre formule attribuée à Talleyrand, qui parlait des émigrés revenus en France après la Révolution : « Ils n’ont rien appris ni rien oublié.« 

Au cours des prochains trimestres, il est peu probable que la hausse des stocks continue à contribuer à la croissance autant qu’au cours des trois premiers mois de l’année. Si c’était le cas, cela révélerait un excès d’optimisme de la part des entrepreneurs, qui se retrouveront à nouveau avec des nivaux de stocks anormalement élevés. C’est pourquoi une croissance de 1,6% refléterait mieux la réalité de la reprise économique. De plus, la croissance démographique des Etats-Unis n’est que de 1% par an, un taux peu encourageant pour l’avenir. Enfin, si les chiffres de productivité pour le premier trimestre (qui seront publiés jeudi) affichent encore une hausse, ce sera un mauvais signe pour l’emploi.

Au cours de la reprise, entre 2002 et 2007, l’économie américaine a développé deux pathologies directement liées. Premièrement, les importations ont crû plus vite que les exportations, ce qui a eu pour effet d’accroître le déficit de la balance commerciale et de rendre les Etats-Unis de plus en plus dépendants du bon vouloir des investisseurs étrangers. Deuxièmement, l’épargne des ménages a notablement diminué, mettant en péril leur santé financière à long terme et leur capacité à fournir des capitaux pour l’investissement américain.

Au regard des derniers chiffres, ces problèmes structurels ont réapparu, agrémentés cette fois-ci d’un déficit public historiquement élevé. L’économie américaine est donc en train de se vider de ses capitaux, ce qui la rend de plus en plus vulnérable face à des rivales tout aussi capables et bien mieux dotées financièrement. Tout cela, bien sûr, en se basant sur l’hypothèse que les partenaires commerciaux des Etats-Unis auraient appris certaines choses… et en auraient oublié d’autres.

Le Monde

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