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La dette publique menace de relancer la crise financière mondiale, selon le FMI

Avr
2010

Le Fonds monétaire international a prévenu mardi que la crise financière mondiale pourrait entrer « dans une nouvelle phase, » nourrie par un gonflement de la dette des États qui risque de raréfier le crédit nécessaire à la croissance.

« L’attention s’est tournée vers les risques liés aux dettes des États qui pourraient saper les progrès dans la stabilité et faire entrer la crise du crédit dans une nouvelle phase, » a affirmé le FMI dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde.

Dans cette nouvelle phase, si les États continuent d’emprunter des montants aussi élevés pour combler leurs déficits, les fonds disponibles pour le reste de l’économie seront limités.

« La demande croissante du secteur public risque d’évincer le secteur privé du crédit, » et « une hausse des primes de risque pour les États pourrait faire monter les coûts des emprunts pour le secteur privé, » a expliqué le Fonds.

Le FMI n’a pas chiffré cette hausse, mais a souligné que les premières victimes en seraient « les PME et les emprunteurs les moins fiables.  »

Des économistes du Fonds ont déjà estimé, dans une note de recherche publiée en novembre, qu’une augmentation permanente de 0,5 point de pourcentage du déficit public par rapport au PIB aux États-Unis pourrait réduire à moyen terme l’activité de 0,2% dans le monde chaque année.

Après le sauvetage des banques en 2008 et 2009, le FMI considère le rééquilibrage des finances publiques comme la première urgence pour les années à venir.

« En dépit des améliorations récentes dans les perspectives et malgré la santé du système financier mondial, la stabilité n’est pas encore assurée, » a souligné lors d’une conférence de presse à Washington le directeur de la division des marchés de capitaux et monétaires, José Vinals.

« Si l’on ne s’attaque pas aux problèmes de l’héritage de la crise actuelle et des risques croissants liés aux dettes des États, nous courons véritablement le risque d’ébranler la reprise et de prolonger la crise financière vers une nouvelle phase, » a-t-il ajouté.

Le FMI a donc appelé les gouvernements à « la mise en oeuvre de plans de rééquilibrage des finances publiques à moyen terme, bénéficiant du soutien de l’opinion publique. »

Il a aussi prévenu ses États membres qu’ils allaient devoir réfléchir aux moyens d’avoir chacun « un système financier sain, compétitif et dynamique, » débarrassé de ses «  surcapacités.  »

Ils devront « rétablir une base solide d’établissements viables capables de réamorcer la pompe du crédit privé, » seule manière de rendre la croissance économique indépendante du soutien des États, a souligné le Fonds.

Le FMI a par ailleurs abaissé son estimation du coût de la crise actuelle pour les institutions financières mondiales, à près de 2.300 milliards de dollars contre 2.800 milliards six mois auparavant.

Ce chiffre correspond au coût qu’auront dû supporter, entre l’été 2007 et la fin 2010, les banques et autres institutions financières américaines, européennes et asiatiques, en raison de la baisse de la valeur constatée ou prévisible de leurs actifs financiers.

Mais la principale inquiétude pour ce secteur financier est d’avoir à refinancer des montants colossaux de dette.

S’il était exigé des banques le renforcement des fonds propres envisagé aujourd’hui, elles « seraient confrontées à des défis considérables, alors que se profile un mur de dette parvenant à maturité, dont 5.000 milliards de dollars qui vont être dus ces trois prochaines années, » a indiqué M. Vinals.

AFP

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