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Les années 70 peuvent-elles nous aider à prévoir les années 2010 ?

Avr
2010

La conjoncture économique actuelle de croissance anémique couplée à des menaces de pressions inflationnistes (causées par un usage intensif de la planche à billets) ne va certes pas sans rappeler le souvenir douloureux des années 70. Pour autant, certains points fondamentaux permettent également de différencier la période actuelle de stagnation du cauchemar de la stagflation ayant sévi dans la décennie 1970 à 1980.

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Le facteur démographique, marqué à l’époque par le « baby boom » et une ruée vers la consommation de nouveaux ménages qui devaient acquérir domiciles, autos et meubles est en effet radicalement opposé au contexte ambiant qui voit ces même baby boomers prendre leurs retraites, donc tout à la fois cesser toute productivité et pomper sur leur épargne afin de financer vieux jours et frais de santé. C’est ainsi que les États sont contraints aujourd’hui à consacrer des sommes gigantesques destinées à financer les retraites d’une classe d’âge ayant contribué au dynamisme économique, à l’envolée de la demande des marchandises, des services et du secteur des crédits ainsi que de la création massive des nouvelles entreprises des années 70. On oublie souvent que l’appréciation sur le long terme des prix immobiliers remontant à cette période n’a pas tant été due à l’inflation qu’à une demande bien réelle émanant de ces générations de nouveaux arrivants dans la vie active.

Il va de soi que c’est les États-Unis qui furent – de très loin – les premiers bénéficiaires de cette vague de baby boomers car le deuxième conflit mondial avait ravagé les industries Allemande et Japonaise qui n’ont représenté une compétition déterminante que vers la fin des années 70. En outre, du fait d’importations Américaines très limitées, les producteurs de ce pays eurent tout loisir de répercuter la hausse du coût du travail et la forte demande des consommateurs sur leurs prix, attisant ainsi les velléités inflationnistes de l’époque. Situation également radicalement différente aujourd’hui où les prix sont fatalement comprimés par la compétition internationale féroce.

Le quadruplement des prix énergétiques fut par ailleurs un élément déterminant durant les années 70. En effet, le renchérissement du brut fut amplement reflété sur l’ensemble du spectre des biens de consommation et des services avec un impact hautement inflationniste quasiment assimilable à une majoration d’impôts du fait de la diminution de la demande avec, à la clé, l’apparition de la plaie stagflationniste…

Il est certes vrai que nous vivons aujourd’hui avec le spectre du « peak oil, » point charnière où l’extraction de pétrole sera irrémédiablement inférieure à sa consommation avec une perspective de flambée des prix autour des 300 dollars le baril!

Période actuelle également dominée par des déficits publics sans aucune commune mesure avec celle de la décennie 1970-1980 puisque le déficit fédéral US, de 46 milliards de dollars en 1975 ou de 175 milliards en dollars d’aujourd’hui, n’était que de l’ordre de 11.6% du gouffre de 2010 au chiffre vertigineux de 1’500 milliards de dollars. L’endettement – public comme privé – étant actuellement nettement plus grave que celui prévalant il y a 35 ans, la quasi totalité du revenu national Américain passe donc au remboursement de ces charges qui contribuent ainsi à l’affaissement supplémentaire d’une demande déjà déprimée par la récession.

Par ailleurs, les revenus stagnants des ménages combinés aux baisses des valorisations immobilières réduisent considérablement les marges des nouveaux crédits avec un impact négatif supplémentaire sur la consommation. Enfin, l’augmentation quasi certaine des charges fiscales aux États-Unis tout comme en Europe conjuguée aux facteurs précédemment cités ne permettront plus de réitérer les scenarii fastes des décennies 1970 et 1980 caractérisées par un sentiment de richesse (certes fallacieux) induit par du crédit facile.

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