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Robin DiAngelo interviewée par Libération : «Les Blancs se protègent, eux et leur racisme, pour maintenir le statu quo»

14/07

En août 2018, Lisa Benson Cooper est renvoyée de son poste de reporter sur une chaîne de télévision américaine. Plusieurs de ses collègues, blancs, se sont plaints aux ressources humaines d’un article que la journaliste, noire, a partagé sur les réseaux sociaux, titré «Comment les femmes blanches utilisent leurs larmes pour faire taire les femmes noires». Coïncidence, au même moment de cette année-là, paraît en anglais le percutant essai Fragilité blanche, qui deviendra vite un best-seller et un incontournable de la lutte antiraciste. Publié en français (Les Arènes, 2020) en plein soulèvement international contre le racisme et les violences policières, l’ouvrage de la sociologue américaine Robin DiAngelo, spécialiste des «whiteness studies», analyse avec minutie les difficultés qu’éprouvent souvent les Blancs à parler de racisme.
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Contrariété, indignation… Comment se fait-il que les émotions puissent faire obstacle à la lutte contre le racisme ?
Le racisme, c’est le statu quo. Si je suis blanc et que parler de racisme provoque chez moi un inconfort, cela signifie que je suis à l’aise dans une société raciste. […]

L’histoire française du racisme diffère fortement de celle des Etats-Unis. La «fragilité blanche» peut-elle trouver une résonance ici ?
Je vais vous répondre en vous racontant quelle est mon expérience dès que je me rends hors des Etats-Unis pour parler de mon livre. Ce sont généralement des Noirs qui font appel à moi. Donc, j’arrive, et là, des Blancs me prennent à part et disent : «Le racisme est un problème américain. C’est différent ici. Vous ne connaissez pas notre culture. Ici, le racisme n’existe pas.» Sauf que, dans ces mêmes endroits, les Noirs qui m’ont fait venir me prennent à part et disent : «Oh ! mon Dieu, s’il vous plaît, venez ici et réveillez ces gens. Parce que tout ce dont vous parlez, c’est ce que nous vivons !» Donc nos histoires sont peut-être différentes, mais la fragilité banche et les conséquences des discriminations raciales sont les mêmes.
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Libération

Rappels :

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