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Royaume-Uni : d’après des militants de la liberté d’expression, Black Lives Matter aurait fait exploser la censure et le Maccarthysme

02/07

C’est la chasse aux francs-tireurs et aux dissidents actuellement. Si vous contestez publiquement l’un des piliers de la « social justice » et que vous travaillez dans une école, un collège, une université, une société artistique, un organisme de radiodiffusion publique, une entreprise de technologie, une organisation caritative, une autorité locale ou, bien sûr, à Whitehall, vous risquez d’être « cancelled » [=annulé/renvoyé/banni]. Comment le sais-je ? Parce qu’en février, j’ai créé l’Union pour la liberté d’expression [FreeSpeechUnion] pour protéger ceux qui sont ainsi visés et, le mois dernier, nous avons été contactés par des personnes dans tous ces domaines qui ont été licenciées, suspendues ou font l’objet d’une « enquête » pour avoir dit ou fait quelque chose de controversé, généralement sur Facebook ou Twitter.

Et par « controversé », je ne veux pas dire qu’ils sont coupables de discours de haine. Une personne qui a demandé de l’aide est Mike McCulloch, un professeur de mathématiques à l’université de Plymouth, qui fait l’objet d’une enquête par son employeur pour avoir aimé un tweet disant « All Lives Matter ». Mais la définition du « discours de haine » est si nébuleuse et si large qu’il est de plus en plus fréquent que des opinions majoritaires soient étiquetées comme telles. Par exemple, une autre membre de la FSU, la militante féministe Posey Parker, a lancé une pétition sur Change.org demandant au dictionnaire anglais Oxford de conserver sa définition de « femme » comme « femme adulte humaine », et les modérateurs l’ont supprimée au motif qu’il s’agirait d’un « discours de haine ». J.K. Rowling est bien sûr au courant de tout cela.

Je pensais que la situation était mauvaise quand j’ai créé le FSU, et elle l’était. Selon The Telegraph, la police en Angleterre et au Pays de Galles a enquêté et enregistré 120.000 « incidents haineux non criminels » au cours des cinq dernières années. Cela représente plus de 65 personnes par jour interrogées par les autorités pour des faits qui sont précisément ceux pour lesquels Mike McCulloch a fait l’objet d’une enquête, par exemple le fait d’aimer un tweet qui s’écarte du dogme de gauche du moment. Une fois que cela figure dans votre dossier, cela apparaît sur un contrôle DBS amélioré, ce qui signifie que vous pourriez ne pas être en mesure d’obtenir un emploi de professeur ou de soignant. Mais la situation a empiré à une autre échelle depuis l’explosion du mouvement Black Lives Matter. Au FSU, nous avions l’habitude de recevoir une demi-douzaine de demandes d’aide par semaine. Maintenant, nous en recevons une demi-douzaine par jour.

Dimanche dernier, par exemple, j’ai été contacté par un homme appelé Nick Buckley, qui a été licencié par une organisation caritative pour les jeunes vulnérables de Manchester pour avoir écrit un billet de blog dans lequel il s’opposait à certaines des politiques de BLM, comme le démantèlement du capitalisme. Lorsqu’il a republié son billet sur LinkedIn, un « poète » du nom de Reece Williams a écrit le commentaire suivant : « Sachez que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous faire démettre de vos fonctions. Attendez-vous à ce que nous le fassions ». Nick n’était pas si inquiet que ça, car il a fondé l’association, la dirige avec succès depuis neuf ans et a obtenu un MBE l’année dernière. Mais dans le climat maoïste actuel, cela n’a pas suffi à le sauver. Une semaine plus tard, il avait perdu son emploi.

Que peut-on faire face à ce tsunami de censure ? Je suis tenté de dire : rendre illégal le licenciement d’une personne qui exerce son droit légitime à la liberté d’expression […]

The Spectator

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